Condamnation de Boualem Sansal

La classe politique s’indigne

La condamnation de Boualem Sansal à cinq ans de prison en Algérie a provoqué l'indignation en France. Des élus français de tous bords de l’échiquier politique ont dénoncé la décision sur les réseaux sociaux, dont le président Emmanuel Macron.

Par Karim Maloum

Publié le 27 mars 2025

La classe politique s’indigne

Un tribunal en Algérie a condamné, jeudi 27 mars, à cinq ans de prison ferme l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal.

Ce jeudi 27 mars 2025, le tribunal de Dar El-Beida, a condamné Boualem Sansal à une peine de cinq ans de prison ferme et à 500 000 dinars d’amende (environ 3 500 euros). Une décision aussi arbitraire qu’attendue. Son avocat français a immédiatement appelé le président algérien à faire preuve « d’humanité ». Un verdict après un simulacre de procès qui, en France, a suscité l’indignation.

«Je sais pouvoir compter sur à la fois le bon sens et l’humanité des autorités algériennes pour prendre une telle décision», a déclaré le président français lors d’une conférence de presse à l’issue d’un sommet sur l’Ukraine, semblant faire allusion à une éventuelle grâce du président algérien en faveur de l’écrivain.
Le premier ministre, François Bayrou, a de son côté estimé sur X que la condamnation de Boualem Sansal était «injustifiable». «Une voie digne et humanitaire est à portée. Je renouvelle notre appel aux autorités algériennes à la considérer et à y répondre favorablement», a-t-il exhorté.

Coup de tonnerre judiciaire. L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal écope de cinq ans de prison ferme après un procès éclair à Dar El Beida.

À gauche, la socialiste et présidente de la région Occitanie Carole Delga a, elle, dénoncé une « infamie ». « Les diplomaties françaises et algériennes doivent urgemment œuvrer à sa libération », a-t-elle appelé de ses vœux. La sénatrice et ancienne ministre Laurence Rossignol a de même exigé à la France de « se déployer pour obtenir sa libération et son retour en France ».

« La condamnation de Boualem Sansal à 5 ans de prison est un bras d’honneur à tous les défenseurs de la liberté d’expression. Plus que jamais, nous devons réclamer sa libération », a quant à lui appelé Jérôme Guedj. Même son de cloche du côté de Michaël Delafosse, le maire de Montpellier : « Inadmissible, la place d’un écrivain n’est pas en prison. Boualem Sansal doit être libéré immédiatement. La France doit défendre ses ressortissants, les artistes. »

La patronne des députés insoumis Mathilde Panot écrit: « Le délit d’opinion ne devrait pas exister. Nous réclamons à nouveau sa libération immédiate

La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a dénoncé « la liberté d’expression que l’on enferme », « la littérature que l’on enferme » et « l’intelligence critique que l’on veut réduire au silence ». « La parodie de justice continue », tance également le président de Renaissance Gabriel Attal, accusant Alger de vouloir « faire taire Boualem Sansal pour toujours ». Autre réaction dans le camp présidentiel: celle de Renaud Muselier. « Maintenir en captivité un écrivain malade pour ce qu’il écrit témoigne d’une haine de la liberté et d’une absence totale d’humanité », dénonce le président de la région Paca.

« L’Algérie vaut mieux que ça. Boualem Sansal ne mérite pas ça. Président Tebboune, libérez Boualem Sansal ! » a demandé la députée européenne Nathalie Loiseau. « Il faut mettre la pression par tous les moyens. Il faut se mobiliser », a menacé le ministre des Outre-mer, Manuel Valls. « Quand penser devient un crime, résister devient un devoir », a rappelé la députée Prisca Thevenot.

Des élus de tous les bords de l’échiquier politique ont protesté fermement sur les réseaux sociaux contre la condamnation de Boualem Sansal.

Dénonçant une décision « scandaleuse », la cheffe de file des députés du Rassemblement national, Marine Le Pen, a estimé sur X que cette peine de cinq ans de prison « est en réalité, compte tenu de son âge et de son état de santé, une condamnation à perpétuité ».

Plus tôt dans la journée, le ministère des Affaires étrangères français a réagi à la condamnation de l’écrivain franco-algérien, par la voix de son porte-parole, Christophe Lemoine, avec cette déclaration à la presse : « Nous déplorons la condamnation à une peine de prison ferme de notre compatriote Boualem Sansal. Nous réitérons notre appel à une issue rapide, humanitaire et digne à cette situation. »

En France, les appels pour la libération de l’écrivain ont été nombreux. Un rassemblement de soutien a eu lieu ce mardi 25 mars à Paris devant l’Assemblée nationale. Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, était présent tout comme les présidents de l’Assemblée et du Sénat, Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher.

Emmanuel Macron avait aussi soutenu la libération de l’écrivain. « J’ai confiance dans le président Tebboune et sa clairvoyance pour savoir que tout ça n’est pas sérieux et qu’on a affaire à un grand écrivain, qui plus est malade ».

K. M.

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