Procès en appel du RN : Les réactions politiques à la condamnation de Marine Le Pen
La cour d'appel de Paris a confirmé, mardi, la plupart des condamnations prononcées en première instance dans l'affaire des assistants parlementaires d'eurodéputés du Front national. Les peines sont toutefois majoritairement réduites. Avec une peine d'inéligibilité réduite à 15 mois, Marine Le Pen est donc éligible à l'élection présidentielle en avril 2027, mais sous bracelet. Le doute plane encore sur ses ambitions élyséennes.
Publié le 7 juillet 2026

Marine Le Pen condamnée à trois ans de prison, dont un an sous bracelet électronique
La cour d’appel de Paris a rendu son arrêt ce mardi, elle a confirmé la culpabilité de Marine Le Pen pour détournement de fonds publics, tout en allégeant la peine prononcée en première instance.
La dirigeante du Rassemblement national écope de trois ans de prison dont un an ferme sous bracelet électronique, d’une amende de 100 000 euros et d’une inéligibilité réduite, la rendant éligible pour l’élection présidentielle de 2027. Elle a annoncé un pourvoi en cassation.
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La peine ferme d’inéligibilité réduite à 15 mois, échue au 30 juin 2026, est déjà purgée en raison de l’exécution provisoire signifiée en première instance le 31 mars 2025. Avec cette décision, Marine Le Pen est donc éligible à l’élection présidentielle en 2027 (18 avril et 2 mai 2027) et peut s’engager dans la campagne.
Ce verdict nuancé a immédiatement provoqué des réactions contrastées au sein de la classe politique.
Jean-Luc Mélenchon veut « débarrasser le pays du RN »
« Chassons-les tous ! », réagit Jean-Luc Mélenchon. « Notre but est de débarrasser le pays du RN et de ses candidats par la voie des urnes et la volonté du peuple lui-même », affirme le chef de file insoumis.
« Que ce soit Marine Le Pen ou Jordan Bardella, le candidat du RN, ils sont aussi forts dans le détournement de fonds publics. Le bracelet électronique en plus pour Marine Le Pen », a réagi Manon Aubry.
Notre but est de débarrasser le pays du RN et de ses candidats par la voie des urnes et la volonté du peuple lui-même. Rien de changé quelle que soit la candidature. Adage créole : « même poil, même bête » et vice versa. Chassons-les tous !
— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) July 7, 2026
Marine Le Pen « est une délinquante », « coupable de détournement de fonds publics », et c’est désormais à elle de décider si elle « se présente aux électeurs », a estimé mardi le chef des députés socialistes Boris Vallaud.
« Elle est une délinquante, voilà la seule conclusion qu’on peut tirer de cette décision de justice », a déclaré Boris Vallaud devant des journalistes à l’Assemblée nationale.
🔴4,1 millions d'euros volés aux contribuables par le RN. Un système organisé sur 10 ans. Une condamnation.
— Boris VALLAUD (@BorisVallaud) July 7, 2026
Marine Le Pen n'est pas juste d'extrême droite, elle est aussi délinquante condamnée
Elle réclamait l’inéligibilité à vie pour les élus condamnés. Le reste est cohérence. https://t.co/cy36YpCVGD
Marine Tondelier (secrétaire nationale des Écologistes) respecte la décision de justice mais estime que Marine Le Pen « a bénéficié d’une grande mansuétude », notamment grâce à un passage rapide en appel. Elle critique les menaces du RN contre les juges, appelle à des excuses et juge qu’une candidate condamnée pour détournement de fonds publics devrait renoncer d’elle-même. Elle regrette également que Marine Le Pen reste députée dans sa circonscription.
François Ruffin (LFI) a qualifié l’idée d’une campagne avec bracelet électronique de « marqueur d’une acceptation de la corruption de la nation ».
Fabien Roussel dit « Je n’ai pas envie de commenter l’actualité du RN, embourbé dans une condamnation très lourde pour détournement d’argent public.
Une telle condamnation, quelque soit l’aménagement de la peine, ne peut permettre de se présenter devant les Français.
Macron affirme qu’un « président ne commente pas les décisions de justice »
Emmanuel Macron s’est abstenu de tout commentaire, rappelant qu’« il est sain pour la démocratie qu’un président de la République ne commente pas une décision de justice ».
« Ce qui est sain pour la démocratie, c’est que le président de la République ne commente pas les décisions de justice, donc je vais m’en tenir à cette grammaire, qui plus est à l’étranger », a-t-il dit, questionné à ce sujet lors d’une conférence de presse avec le président syrien Ahmad al-Chareh.
Chez Les Républicains (LR)
Les élus d’autres partis politiques estiment également cette condamnation incompatible avec une candidature à la présidentielle. Le député LR de la Loire, Antoine Vermorel-Marques déclare sur France Info : « Est-ce qu’on veut à l’Elysée quelqu’un qui a détourné de l’argent public ? » Nathalie Loiseau, députée européenne et secrétaire nationale du parti Horizons ajoute : « l’image de son parti est durablement entachée par ces faits« .
Pas Bruno Retailleau et Éric Ciotti n’ont pas publié de déclarations spécifiques immédiates. La ligne historique du parti, exprimée notamment par Laurent Wauquiez lors de la première instance (« il n’est pas sain qu’une élue soit interdite de se présenter »), insiste sur le respect de la justice tout en défendant le pluralisme démocratique.
Vers un pourvoi en cassation ? « Nous allons réfléchir », répond l’avocat de Marine Le Pen
Ce verdict maintient Marine Le Pen dans le jeu électoral de 2027 tout en confirmant sa condamnation, ravivant les débats sur l’indépendance judiciaire, la moralité publique et le pluralisme. Les suites (pourvoi en cassation et positionnements des candidats) devraient animer l’actualité politique dans les prochains jours.
Pour l’instant, les cadres du RN ne se sont pas exprimés. Mais l’avocat de Marine Le Pen s’est dit « partiellement » satisfait après l’annonce de la décision. « Nous notons une inflexion considérable sur les peines, notamment sur la peine d’inéligibilité qui pour nous est un point extrêmement important, d’autant qu’il a été accompagné de mention par la présidente sur la liberté pour les électeurs d’avoir un candidat. Maintenant, nous réfléchissons à l’ensemble de la décision, nous ferons une communication ultérieure sur les suites éventuelles à donner à cette décision », réagit Rodolphe Bosselut.
Marine Le Pen doit prendre la parole au 20h de TF1 ce mardi soir.
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