Municipales à Poitiers : un ancien trafiquant de drogue condamné à 2 ans de prison en position éligible sur la liste de la maire écologiste
La relation entre la morale et la politique est souvent négligée, mais elle soulève des questions concrètes dans la gestion des sociétés humaines. Un homme condamné à deux ans d’emprisonnement et débiteur de 600 000 euros envers la collectivité figure en bonne place sur la liste de Léonore Moncond’huy, maire Les Ecologistes de Poitiers pour les prochaines élections municipales. Elle est où la morale politique ?
Par Karim Maloum
Publié le 10 mars 2026

Chiacap Kitoyi est présenté en quatrième position sur la liste de Léonore Moncond’huy, maire Les Ecologistes.
Les quartiers populaires sont victimes du trafic de drogue et d’une violence quotidienne. Il est primordial que les élus soient exemplaires et qu’aucune faiblesse ne soit tolérée. Ce n’est pas le cas à Poitiers, dans la Vienne, où une candidature aux prochaines élections municipales interroge, celle d’un homme qui a été condamné pour trafic de drogue. Son nom est Chiacap Kitoyi et il est présenté en quatrième position sur la liste de Léonore Moncond’huy, maire Les Ecologistes.
Comment un narcotrafiquant, condamné à deux ans d’emprisonnement et débiteur de 600 000 euros envers la collectivité, peut-il figurer en bonne place sur une liste municipale ?
Une autre question interpelle. Sa condamnation oblige Chiacap Kitoyi à rembourser la somme considérable de 600 000 euros à la collectivité (somme qu’il rembourse à hauteur de 50 euros par mois). Comment prétend-il aujourd’hui pouvoir gérer la ville au nom des habitants de Poitiers ?
Une condamnation ne signifie pas automatiquement qu’on peut ne pas se présenter à une élection, à moins qu’elle ne soit assortie d’une peine complémentaire d’inéligibilité. La question est morale. Le trafic de drogue gangrène les villes françaises. Des arrestations ont eu lieu à Poitiers pour trafic de drogue.
Lorsqu’on parle de morale en politique dans une démocratie, on se concentre d’abord sur l’intégrité des représentants élus du peuple, chargés de gouverner en son nom.
La probité, une honnêteté scrupuleuse, un désintéressement total sont bien le minimum attendu de ceux qui détiennent le pouvoir au nom du peuple.
La chasse aux voix peut-elle tout permettre ?
Le 4 septembre 2024, la police a mis un terme à un trafic de drogue qui avait pour origine le centre-ville de Poitiers. Quatre individus, dont un mineur, ont été appréhendés. Un autre trafic de stupéfiants a été mis hors d’état de nuire au début du mois d’octobre 2025. Au final, cinq hommes, dont un déjà détenu pour des faits similaires à la prison de Vivonne, et une femme ont été interpellés.
Les analystes du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure notent « une nette hausse des mis en cause pour usage de stupéfiants » l’an dernier. Dans le détail, leur nombre a progressé de 6 % pour atteindre 307.200 individus. Même chose pour le nombre de mis en cause pour trafic de stupéfiants enregistrés, qui a « nettement » augmenté de 8 % en un an.
Pour être candidat aux élections municipales, il suffit de remplir quatre conditions simples : avoir 18 ans révolus, être de nationalité française ou européenne, être inscrit sur les listes électorales et jouir de ses droits civils et politiques.
La chasse aux voix ne permet pas tout. La politique ne se résume pas à un rassemblement sans les valeurs de la République, ou à s’allier avec des personnes qui ont participé à semer la haine et la violence dans le pays.
Cette morale se manifeste également à un niveau individuel. Les maires représentent les principes qu’ils défendent à travers leurs choix et leur comportement.
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