Quatrième partie

Offensive de l’Arcom contre Cnews : la liberté d’expression, profitez-en vite !

Cnews est dans le viseur de l’Arcom… Qu’est-ce qui est reproché à la chaîne de télévision par une institution dont la neutralité politique devient de plus en plus sujette à caution ? Doit-on craindre une remise en cause de la liberté d’expression et le retour de la censure ? Décryptage.

Par Marc Hellebroeck

Publié le 2 juillet 2026

Offensive de l’Arcom contre Cnews : la liberté d’expression,  profitez-en vite !

ll ne suffit plus que le pluralisme existe entre les différentes chaînes d’informations, CNews, BFM TV, LCI et Franceinfo ; il est exigé que chaque chaîne doit offrir une diversité de courants de pensée.

Depuis des décennies, la gauche a peu à peu privatisé de larges pans des institutions et des services publics à son profit idéologique : de l’Éducation nationale à l’Arcom en passant par la justice ou le Conseil d’État (et j’en passe), on pense majoritairement à gauche, on défend les idées de gauche et on combat ceux qui ne sont pas de gauche. Sauf qu’en 2026, le vrai pouvoir n’est plus culturel, administratif ou juridique ; il est désormais financier. La gauche d’autrefois le savait et essayait de brider cette finance par nature antipopulaire et antinationale. Mais ça, c’était avant la répugnante transition wokiste qui a littéralement mis en état de putréfaction morale et intellectuelle la gauche actuelle.

Requiem pour une gauche félonne

A l’origine du pourrissement de la gauche française, il y a deux dates-trahisons :

– en 1983, quand François Mitterrand, socialiste transitoire, organise le coming out néolibéral et européiste du Parti Socialiste, avec le tournant dit « de la rigueur ». À ce moment-là, la gauche renonce à l’économie.

– en 2011, quand la « Note Terra Nova », devenue depuis jurisprudence idéologique des progressistes, suggère que la gauche doit abandonner le peuple français historique pour chercher un nouveau réservoir de voix parmi les minorités ethniques, religieuses ou sexuelles (1). À ce moment-là , la gauche renonce au social.

Ainsi, pendant que les militants, sympathisants et élus de gauche pourchassent une extrême droite imaginaire ou s’engagent pour une Palestine largement fantasmée (2), ils ne font pas de politique, ils ne font plus de politique. Cela laisse le champ libre aux néolibéraux pour finir de liquider les acquis sociaux issus du programme du Conseil National de la Résistance, pour brader ce qui reste de notre patrimoine industriel aux fonds de pension américains et pour anéantir la classe paysanne.

En 2026, la gauche est devenue la supplétive de l’extrême centre néolibéral au pouvoir et l’idiote utile de l’extrême droite islamique qui espère le pouvoir. Vous faut-il une preuve ? Prenons comme exemple l’adhésion quasiment fanatique de toutes les sensibilités de gauche au sans-frontiérisme : cette idéologie satisfait non seulement les islamistes partisans d’une conquête démographique, culturelle et spirituelle de l’Occident, mais aussi les néolibéraux qui voient dans l’afflux de migrants le moyen de mettre en concurrence les travailleurs indigènes et les travailleurs immigrés, afin d’exercer une pression à la baisse sur les salaires.

Nous avons donc aujourd’hui une gauche wokiste qui défend le voile, signe et instrument du sexisme le plus réactionnaire et qui, « en même temps », est complice de la baisse du pouvoir d’achat des classes laborieuses. Bref, une gauche traîtresse au carré qui ne se consacre plus qu’au sociétal ou à l’écologie et qui se montre par conséquent bien plus concernée par la disparition du gypaète barbu dans les forêts moldaves que par le sort tragique des enfants français qui se font poignarder ou lyncher chaque semaine dans diverses cités.

Pourquoi cette digression sur l’effondrement anthropologique de la gauche, alors que le sujet c’est le harcèlement administratif de Cnews par l’Arcom ?

Parce que l’extrême centre néolibéral et maastrichtien – incarné aujourd’hui par Macron et demain par Attal, Philippe, Glucksmann ou Retailleau – a concédé le magistère de la morale à cette gauche dégénérée/wokiste et l’a réduite à une fonction de porte-flingue idéologique chargé de traquer et d’éliminer les pensées dissidentes, que ce soit par l’école, par les tribunaux ou par l’Arcom.

Certains services publics et certaines institutions sont ainsi devenus des Ehpads pour anciens socialistes recyclés en censeurs à gages pour le compte d’Emmanuel Macron…

Bref, la gauche française n’existe plus que pour faire le sale boulot de dénonciation et de censure avec lequel les néolibéraux au pouvoir ne veulent pas se salir les mains. Pathétique et injuste fin pour un mouvement politique qui a vu défiler Jean Jaurès et Léon Blum dans ses rangs…

Idéologie vs Bisounours

Cnews a répliqué à la mise en demeure de l’Arcom en annonçant qu’elle utiliserait pour sa défense les voies de recours que constituent le Conseil d’État et les juridictions européennes (3). Sérieusement ? Une telle naïveté – de dimension bisounourséenne – ne manque pas de laisser perplexe !

Pour info, la mise en demeure du 12 juin de l’Arcom à Cnews s’appuie directement sur les critères stipulés par…le Conseil d’État dans son arrêt du 13 février 2024 (4) !  Parmi ces critères, le « pluralisme interne » : ll ne suffit plus que le pluralisme existe entre les différentes chaînes d’informations (par exemple entre CNews, BFM TV, LCI et Franceinfo) ; il est exigé dorénavant que chaque chaîne d’information doive offrir une diversité suffisante de courants de pensée dans ses propres programmes. Cet arrêt, dont on comprend aujourd’hui qu’il fut conçu comme un instrument juridique dirigé contre toute pensée dissidente au dogme sans-frontiériste du capitalisme mondialiste, a conduit l’Arcom à modifier sa méthode d’analyse : elle a donc procédé à un examen de plusieurs centaines d’heures de programmes de la chaîne privée, examen qui vient de déboucher sur cette mise en demeure du 12 juin 2026 pour manquement à l’obligation de pluralisme des courants de pensée et d’opinion (5).

Autrement dit, cet arrêt du Conseil d’État marquait la mort programmée des médias audiovisuels d’opinion, ainsi qu’une évolution de l’offre d’information en France vers le pluralisme (des médias) dans l’unité (des programmes). Le « pluralisme unitaire », en voilà un beau concept orwellien ! Mais non, ne vous inquiétez pas, le soviétisme n’est pas de retour ! Au lieu d’avoir une seule Pravda, vous en aurez plusieurs…et elles diront toutes la même chose « en même temps » ! À défaut d’avoir réussi à projeter la France dans l’avenir, Emmanuel Macron l’aura fait régresser en « 1984 »…

La liberté d’expression n’est donc pas morte ce 12 juin 2026. Depuis le 13 février 2024, on lui avait déjà déjà inoculé un poison qui la tue peu à peu. Ce à quoi on assiste aujourd’hui avec la polémique Arcom/Cnews, ce sont juste les convulsions de cette liberté d’expression en train de crever.

Quant aux « juridictions européennes », quand on sait à quel point elles sont favorables à l’immigration, perméables à l’entrisme islamiste et partisanes de la dissolution des nations dans le grand rien maastrichtien, on se dit que Cnews a autant de chance d’obtenir leur mansuétude qu’une gazelle a de chance d’être épargnée par un lion à l’heure du repas…

Océania (6)…

Dans l’alinéa 18 de sa mise en demeure, l’Arcom reproche à Cnews « la mise en cause (…) de l’action de l’exécutif et de l’Union européenne ». Le masque tombe et ces quelques mots font apparaître l’Arcom pour ce qu’elle est véritablement : un banal comité de censure chargé de judiciariser toute critique des politiques de l’Union Européenne, une Union Européenne pour laquelle l’exécutif macronien est juste bon à assurer la gérance provisoire de la sous-délégation appelée (pour combien de temps encore ?) France. En attendant la mise en place d’un autre président européo-compatible et par conséquent xénocrate.

Cette dernière mise en demeure de l’Arcom est peut-être un ultime tir de semonce (7). Ce qui attend la chaîne privée, si elle persiste dans sa ligne éditoriale actuelle, c’est le sort de C8. A un an de l’élection présidentielle, la technocratie bruxelloise ne tolérera pas que des souverainistes tels que Philippe de Villiers ou Michel Onfray puissent avoir accès à une grande audience. Cnews devra se soumettre ou cesser d’émettre.

Et s’il y en a qui croient que le chef de l’État éprouvera le moindre scrupule à appuyer la fermeture d’un média, ils se trompent (8). Faut-il rappeler que nous avons affaire à un individu qui a cautionné l’usage des LBD 40 et des grenades GLI-F4 sur des travailleurs qui manifestaient pour leur dignité pendant la crise sociale des Gilets Jaunes (9) ? Emmanuel Macron n’hésitera pas une seconde à restreindre la liberté d’expression et il n’aura même pas à renier ses principes pour le faire : d’abord, parce que des principes, il n’en a jamais eu ; ensuite, parce que la liberté d’expression lui insupporte ; enfin, parce que les français, ces « gaulois réfractaires », ces « gens qui ne sont rien », il les hait.

On nous martèlera que dans un contexte géopolitique où la sécurité de l’Europe serait menacée par la Russie, nous devrions admettre et supporter une restriction momentanée de la liberté d’expression, donc de notre liberté d’information. Sauf qu’une fois que la liberté d’expression est confisquée par le pouvoir, ce dernier ne la rend jamais et le peuple doit toujours se battre pour la reconquérir.

Par ailleurs, avant de consentir à l’abandon de tout ou partie de la liberté d’expression au nom de l’intérêt supérieur de l’Union Europe et Haines, posons-nous une simple question : peut-on sérieusement prétendre combattre Poutine en devenant Poutine ?

(1) Quand la gauche substitue notamment le « prophétariat » au prolétariat, pour reprendre le mot de David Duquesne (auteur de « Ne fais pas ton français », Grasset, 2024)

(2) Une Palestine fantasmée car la Palestine réelle, où le hamas arrête, tabasse et exécute les gays, risquerait de ne pas trop plaire aux wokistes pratiquants…

(3) A un an de l’élection présidentielle, la chaîne CNews sommée par l’Arcom de mieux respecter la diversité « des courants de pensée et d’opinion » – franceinfo

(4) Décision n° 463162 – Conseil d’État

(5) Décision n° 2026-271 du 12 juin 2026 mettant en demeure la société d’exploitation d’un service d’information – Légifrance

(6) Océania, c’est le nom que donne Orwell à la partie du monde où se trouve l’Europe dans sa dystopie « 1984 ».

(7)  CNews a reçu au total cinq mises en demeure :

– 12 juin 2021 (pluralisme politique)

– 27 août 2021 (pluralisme)

– 20 juillet 2022 (honnêteté de l’information – ghetto de Varsovie)

– 20 juillet 2022 (honnêteté de l’information – Covid-19)

– 12 juin 2026, publiée le 15 juin 2026 (pluralisme des courants de pensée et d’opinion)

(8) Pour la fin de la presse écrite d’opinion, on attendra encore un peu. De toute façon, plus personne ne lit, alors…

(9) LBD 40 et grenades GLI-F4 à l’origine de nombreuses énucléations et mutilations…

M. H.

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