Un jeune en état de mort cérébrale après une agression en marge d’une conférence de Rima Hassan à Lyon

Le jeune homme âgé de 23 ans se trouve toujours «dans un état désespéré», après une violente agression survenue jeudi soir dans le centre-ville de Lyon selon l’avocat de la famille.

Par Marie Dolores Prost

Publié le 13 février 2026

Un jeune en état de mort cérébrale après une agression en marge d’une conférence de Rima Hassan à Lyon

Une source proche de l’eurodéputée a évoqué une « altercation regrettable » sans condamner explicitement les violences.

Quentin D., 23 ans, étudiant en mathématiques et en finances à Lyon, se trouve en état de mort cérébrale à l’hôpital Édouard-Herriot. Son pronostic vital est engagé depuis jeudi soir, après une violente agression survenue quai Fulchiron, dans le 5e arrondissement. Les faits se sont produits en marge d’une action du collectif féministe identitaire Némésis, qui contestait la tenue d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon.

Selon les premiers éléments de l’enquête ouverte par le parquet de Lyon pour « violences aggravées », Quentin D. aurait été pris à partie vers 19h40 par un groupe d’une trentaine de personnes, identifiées par plusieurs témoins comme des militants antifascistes, possiblement affiliés à la mouvance de la Jeune Garde. Le jeune homme, qui accompagnait des militantes de Némésis venues déployer une banderole hostile à l’invitée « Dehors les islamo-gauchistes »  aurait été victime d’une balayette, puis roué de coups de pied alors qu’il était au sol.

Une hémorragie cérébrale massive a été diagnostiquée. Placé en coma artificiel, il a reçu les derniers sacrements vendredi matin. Sa famille, selon son avocat Fabien Rajon, refuse tout acharnement thérapeutique et dénonce un « lynchage gratuit ».

Un profil discret, loin des clichés

Si une enquête pour «violences aggravées» a immédiatement été ouverte par le parquet de Lyon et permettra d’éclaircir davantage les faits, le collectif féministe et identitaire Némésis a vite précisé sa version de la soirée.

Le collectif Némésis, qui l’avait sollicité pour assurer une présence protectrice auprès de ses militantes, a immédiatement pointé du doigt « les antifas » et la Jeune Garde, groupuscule dissous en 2025 mais toujours actif selon plusieurs sources. Ironie du calendrier : deux jours plus tôt, le groupe parlementaire LFI avait renouvelé son soutien public à cette organisation lors d’un débat à l’Assemblée nationale.

Quentin D. n’avait, selon son entourage, « aucun antécédent judiciaire » et n’était pas un « agent de sécurité professionnel ». 

Étudiant brillant, il pratiquait le tennis et s’intéressait à la philosophie. Ses proches le décrivent comme un jeune homme « doux », « pieux » et « amoureux de son pays ». Sa mère est d’origine péruvienne. Ii n’était pas connu  pour des actes de violence.

Polémique sur le traitement médiatique et politique

L’affaire a immédiatement provoqué une vive controverse. La  colère est palpable. Marine Le Pen, Jordan Bardella, Éric Zemmour et Marion Maréchal ont tous dénoncé une « impunité » accordée à l’ultragauche. « Ce n’est pas une rixe, c’est un assassinat politique », a réagi le député RN Laurent Jacobelli.

David Lisnard, maire de Cannes (LR) et président de l’Association des maires de France, a lui aussi réagi avec force sur les réseaux sociaux : « La mise en mort cérébrale de Quentin, ce jeune étudiant de 23 ans, est le symptôme tragique d’une France où l’extrême gauche peut frapper impunément au nom de l’“antifascisme”. Assez de cette hypocrisie ! LFI protège ses milices, l’État les tolère. Il est temps de dissoudre ces groupes violents et de rétablir l’ordre républicain. Toute ma solidarité à sa famille et à tous ceux qui refusent cette barbarie idéologique. »

Sur les réseaux, le hashtag #JusticePourQuentin est en tendance, et des rassemblements sont annoncés ce samedi à Lyon et à Paris.

À gauche, le silence domine. Ni Jean-Luc Mélenchon, ni Mathilde Panot, ni Rima Hassan n’ont réagi publiquement à l’heure où ces lignes sont écrites. Seule une source proche de l’eurodéputée a évoqué, via son entourage, une « altercation regrettable » sans condamner explicitement les violences. Certains médias ont titré sur une « rixe » ou des « affrontements ».

Le parquet reste prudent. « Les investigations se poursuivent pour déterminer les circonstances exactes et identifier les auteurs », indique un communiqué. Plusieurs interpellations sont en cours. Parmi les noms circulant, celui de Jacques-Elie Favrot, collaborateur parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, figure dans des témoignages recueillis par la presse.

Une France fracturée

À 23 ans, Quentin D. incarne, pour ses soutiens, la victime d’une violence politique devenue banalisée. Pour d’autres, il est un militant d’extrême droite pris dans une escalade de tensions récurrentes sur les campus. 

Quoi qu’il en soit, son état désespéré révèle les fractures profondes d’une société où la parole publique peine à nommer les faits sans parti pris.

La colère monte. Elle est celle de familles, d’étudiants, de citoyens qui refusent que la mort d’un jeune homme devienne un simple fait divers. La justice dira le droit. La France, elle, retient son souffle.

M. D.P.

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