Le théâtre « antifasciste », tombeau de la démocratie

La démocratie est par essence un combat, de fait, par nature, clivant. Néanmoins, il ne faut pas confondre radicalité ou radicalisme, et outrance. Les effets loupe peuvent aboutir à fausser quelque peu l'analyse en voyant dans la percée de candidats extrémistes un succès, mais en observant les choses de manière plus fine, on constatera que ladite percée correspond à une dynamique vérifiée de longue date. Les familles politiques concernées, en l'occurrence LFI et pour bonne part EELV, sont recentrées sur leur base fondamentaliste. 

Par Jean-Baptiste Chikhi-Budjeia

Publié le 17 mars 2026

Le théâtre « antifasciste », tombeau de la démocratie

Une affiche du Parti communiste français présentant, en 1958, le général De Gaulle comme un fasciste.

La nouvelle outrance de LFI, qui avait annoncé la couleur avant le premier tour, c’est le front prétendument antifasciste. Nous avions bien en tête que pour les mouvements d’inspiration trotskiste, et Mélenchon en est issu, le fascisme commence avec la social-démocratie. On comprendra dès lors qu’avec une analyse aussi basse de plafond, il est compliqué d’être en capacité de gouverner.

Le fascisme, dont on accablait déjà, et de manière très discutable, les mouvements d’extrême-droite type Reconquête et RN, est donc aujourd’hui étendu à droite et au centre, où conservateurs, gaullistes, radicaux, libéraux voire socio-libéraux sont pêle-mêle rangés dans la case des fascistes.

Rappelons donc simplement qu’historiquement, sous la Ve République, la gauche a systématiquement rangé les candidats de droite dans la case fasciste. Même Chirac y eut droit. Non seulement cela dispense l’extrême-gauche, du moins le croit-elle, de penser et de proposer une analyse politique sérieuse et érudite, mais en plus ce phénomène sectaire conforte celui qui s’y range, le « jésuite rouge » pour paraphraser Clemenceau, dans ses croyances de luxe.

Centrons-nous sur l’image d’illustration de l’article, une affiche du Parti communiste français présentant, en 1958, le général De Gaulle comme un fasciste.

Amusant lorsque l’on se souvient que le général De Gaulle, condamné à mort par contumace par le gouvernement de Vichy, a organisé la résistance, pendant que le chef du Parti communiste français, Maurice Thorez, tenu par le pacte de non-agression germano-soviétique, se réfugia loin du conflit, à Moscou, pendant que L’Humanité suppliait le gouvernement de Pétain de pouvoir continuer à être diffusé, ce qui lui permit de vanter les mérites de l’amitié franco-allemande, pendant que Charles Spinasse, du Front populaire, siégeait au gouvernement de Vichy.

Il serait souhaitable, pour la bonne santé de la nation et de ce qui reste encore un peu de démocratie, que le combat politique gagnât en noblesse et en honnêteté intellectuelle.

Il est fort regrettable de constater que Pasolini avait raison d’alerter sur la possibilité du fascisme de revenir sur la scène à la seule condition qu’il s’appelât antifascisme. Et aux résistants de salon issus de la « gauche totale » qui a tourné le dos à tous ses principes et combats historiques, je rappelle que les deux premiers hommes à s’être dressés contre les nazis, et pendant longtemps bien seuls, De Gaulle et Churchill, étaient de droite…

J. B. C. B.

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