Blocage du détroit d’Ormuz : un coup dur pour l’économie mondiale, une arme stratégique de l’Iran dans la guerre au Moyen-Orient

Le président américain a fixé il y a près d'une semaine un ultimatum pour la réouverture du détroit d'Ormuz avant de bombarder des infrastructures en Iran. Et l'Iran ne semble pas décidé à rouvrir le bras maritime, stratégique pour l’économie mondiale. Washington et Téhéran ont écarté un plan de cessez-le-feu, Israël et l'Iran continuent de s'attaquer mutuellement.

Par Karim Maloum

Publié le 7 avril 2026

Après que Trump a lancé Ultimatum, Téhéran ne semble pas disposé à rouvrir le bras maritime, crucial pour l'économie mondiale.

Malgré les demandes de Donald Trump et de plusieurs pays pour rouvrir le détroit d'Ormuz, l'Iran maintient un contrôle strict du passage. Malgré les tensions, certains navires continuent de circuler, au prix de négociations discrètes… et de coûts en forte hausse. Bien que l'ultimatum a été lancé par Donald Trump, Téhéran ne semble pas disposé à rouvrir le bras maritime, crucial pour l'économie mondiale. Le régime en fait maintenant un outil de la souveraineté nationale, envisageant même de payer pour le passage à l'issue du conflit.

Malgré les menaces de Donald Trump pour rouvrir le détroit d’Ormuz, l’Iran maintient un contrôle strict du passage. Cependant, certains navires continuent de circuler, au prix de négociations discrètes et de coûts en forte hausse.

Donald Trump, qui a menacé d’ordonner le bombardement des centrales électriques iraniennes, faute d’une réouverture du détroit d’Ormuz, a repoussé son ultimatum jusqu’au 7 avril à 2h du matin, heure à Paris.

Bien que l’ultimatum a été lancé par Donald Trump, Téhéran ne semble pas disposé à rouvrir le bras maritime, crucial pour l’économie mondiale. Le régime en fait maintenant un outil de la souveraineté nationale, envisageant même de payer pour le passage à l’issue du conflit.

Le trafic reprenait timidement sur le terrain. Jusqu’à présent, environ sept navires par jour ont réussi à traverser le détroit, contre moins de cinq la semaine dernière et plus de 60 avant la guerre. Parmi les pétroliers, la majorité transporte du pétrole iranien. L’Iran autorise certains navires au cas par cas, selon leur origine et leurs liens politiques. Un système de « droit de passage » a été mis en place, connu sous le nom de « péage iranien » par Lloyd’s list.

L’agence de presse gouvernementale Irna a affirmé lundi, sans préciser de quelle source, que l’Iran avait rejeté une proposition de cessez-le-feu avec les États-Unis et Israël, portée par les efforts de médiation du Pakistan.
«L’Iran a transmis au Pakistan sa réponse à la proposition américaine pour mettre fin à la guerre», écrit Irna, sans détailler la teneur de cette proposition.

«Dans cette réponse – en dix points – l’Iran (…) a rejeté un cessez-le-feu et insiste sur la nécessité d’une fin définitive du conflit», ajoute l’agence de presse, au moment où plusieurs pays tentent de trouver une solution diplomatique pour mettre fin à 38 jours de guerre déclenchée par Israël et les États-Unis contre l’Iran, qui riposte en ciblant l’ensemble du Moyen-Orient.

« Nous n’accepterons pas un simple cessez-le-feu », a signifié lundi, Mojtaba Ferdousi, le chef de la mission diplomatique iranienne au Caire, auprès de l’agence Associated Press, exigeant, avant tout accord de paix, des garanties pour qu’aucune attaque ne vise à nouveau le régime décrit, il y a encore trois mois, comme agonisant.
L’Iran poursuivra la guerre « aussi longtemps que les responsables politiques le jugeront opportun », cinglait un peu plus tôt l’un des porte-parole de l’armée iranienne, ignorant les propos de Donald.

La fermeture du détroit d’Ormuz a toujours été le scénario noir

Le détroit d’Ormuz, par où transitait avant la guerre près de 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial, reste sous haute tension. Téhéran a rejeté l’ultimatum de Washington, tandis qu’une quarantaine de pays se réunissent à Londres pour envisager une réponse.

La fermeture du détroit d’Ormuz a toujours été le scénario noir. Une augmentation encore plus intense que celle que le monde avait connue après le début de l’invasion russe en Ukraine. Ce n’est pas que le pétrole qui est affecté, c’est la totalité du gaz naturel liquéfié (GNL) qatari, qui représente 20% de la production mondiale. 20 millions de barils/jour de production (sur une production mondiale de l’ordre de 108 millions) sont pris au piège.

Depuis le début des attaques américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février, les objectifs n’étaient pas -le moins que l’on puisse dire- clairs, surtout du côté américain. Et plus le conflit avançait, plus les objectifs devenaient de plus en plus flous.

Ce n’est pas la fin du régime des mollahs qui est recherchée, mais la mise en place de personnes qui acceptent uniquement de s’engager contre la fabrication de l’arme atomique. Un scénario qui attriste profondément le peuple iranien. Le pire a commencé à se produire : l’arrivée en force des Pasdaran (les Gardiens de la révolution) aux commandes du pays.

Les Iraniens ne s’attendaient pas à telle situation. Ils ont enduré la répression la plus violente de l’histoire contemporaine du pays. Il est maintenant évident que les Américains ont trahi ; le peuple iranien ne peut compter que sur lui-même.

K. M.

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