Hantavirus : un foyer sur un navire de croisière ravive les craintes d’une transmission humaine
Un foyer inhabituel de hantavirus, spécifiquement le virus Andes, a été détecté à bord du navire de croisière d’expédition néerlandais MV Hondius, déclenchant une alerte internationale. Le navire, parti d’Ushuaia en Argentine le 1er avril 2026 avec environ 147 passagers et membres d’équipage de plus de 20 nationalités, a connu une progression rapide de cas graves
Publié le 10 mai 2026

Le navire est arrivé ce matin au port de Granadilla, à Tenerife (Canaries).
Un foyer de hantavirus de la souche Andes identifié à bord d’un navire de croisière est à l’origine de trois décès à ce jour : un couple de septuagénaires néerlandais et une passagère allemande.
À ce jour, il n’est « pas possible de confirmer l’origine de la contagion ». Alors que les investigations se poursuivent pour rechercher toute personne infectée en lien avec un rare foyer d’hantavirus, qui a tué trois passagers d’un navire traversant l’Atlantique, l’Argentine a annoncé, jeudi 7 mai 2026, que l’enquête pour retrouver l’origine du foyer d’hantavirus s’annonce plus complexe que prévu.
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Bilan actuel en cette journée du 10 mai 2026. Il y a eu six cas confirmés en laboratoire et deux cas probables, ce qui fait un total de huit cas. Trois décès confirmés : un couple néerlandais et un ressortissant allemand. De nombreux patients ont été hospitalisés dans différents pays (Afrique du Sud, Pays-Bas, Allemagne, Espagne, Suisse)
Le navire est arrivé ce matin au port de Granadilla, à Tenerife (Canaries), où une évacuation médicale coordonnée est en cours sous supervision de l’OMS. Les passagers asymptomatiques seront rapatriés vers leurs pays respectifs, tandis que les contacts à haut risque font l’objet d’un suivi strict.
Les premiers symptômes (fièvre, troubles gastro-intestinaux, puis détresse respiratoire) sont apparus dès début avril. Les enquêtes indiquent que l’infection initiale s’est probablement produite avant l’embarquement, lors d’un séjour en Argentine ou au Chili, zone endémique pour le virus Andes. Ce dernier est le seul hantavirus connu pour permettre une transmission interhumaine limitée, ce qui explique la propagation à bord malgré l’absence apparente de rongeurs sur le navire.
Il existe plusieurs types de hantavirus
Les hantavirus se divisent principalement en deux grandes catégories géographiques et cliniques. Les hantavirus du Vieux Monde (Old World), présents en Europe, en Asie et en Afrique, qui provoquent principalement la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR ou HFRS). Parmi les principaux figurent les virus Hantaan, Séoul, Puumala et Dobrava-Belgrade. Ces infections affectent surtout les reins et les vaisseaux sanguins, avec une mortalité variable (de moins de 1 % à 15 % selon le type).
Les hantavirus du Nouveau Monde (New World), présents en Amérique, responsables du syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH ou HPS/HCPS). Les exemples notables incluent les virus Sin Nombre (États-Unis) et Andes (Amérique du Sud). Ces formes entraînent une atteinte respiratoire sévère et cardiaque, avec un taux de létalité souvent compris entre 30 % et 50 %.
Le virus Andes, impliqué dans l’épidémie actuelle du MV Hondius, appartient à cette seconde catégorie et se distingue par sa capacité exceptionnelle de transmission limitée d’homme à homme.
Absence de vaccin et de traitement spécifique
À ce jour, il n’existe ni vaccin ni traitement antiviral spécifique contre les infections à hantavirus. La prise en charge repose exclusivement sur des soins de support intensifs : surveillance étroite en unité de soins intensifs, assistance respiratoire (oxygénation ou ventilation mécanique), gestion des fluides et maintien des fonctions vitales (reins, pression artérielle et cœur). Un diagnostic précoce reste essentiel pour optimiser les chances de survie.
Découverte historique du hantavirus
Le hantavirus tire son nom de la rivière Hantaan en Corée, où il a été identifié dans les années 1950 lors d’une épidémie de fièvre hémorragique avec syndrome rénal touchant des soldats de la guerre de Corée. Cependant, c’est l’épidémie mystérieuse de 1993 dans la région des Four Corners (États-Unis) qui a révélé le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH) en Occident.
Un couple navajo décédé de détresse respiratoire aiguë a conduit les autorités sanitaires à identifier un nouveau virus (Sin Nombre), transmis par les souris. Cette découverte a marqué un tournant, confirmant l’existence de hantavirus pathogènes en Amérique et soulignant leur potentiel émergent.
Cet événement à bord du MV Hondius reste rare et le risque pour la population générale est jugé faible par l’OMS
Il rappelle néanmoins l’importance de la vigilance face aux zoonoses (maladies infectieuses transmissibles naturellement des animaux à l’homme) dans un monde interconnecté. Les autorités sanitaires poursuivent l’investigation et le traçage des contacts.
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