Guerre au Moyen-Orient: Vladimir Poutine engrange chaque jour 150 millions de dollars de plus grâce à la flambée de son pétrole
Depuis deux semaines, l'Iran a pris le contrôle du détroit d'Ormuz, où transite en temps normal un cinquième de la production mondiale de pétrole. Plusieurs producteurs de pétrole et de gaz en dehors des pays du Moyen-Orient engrangent des millions supplémentaires grâce à la guerre en Iran. C'est le cas de la Russie, qui engrange chaque jour 150 millions de dollars de plus grâce à la flambée de son pétrole, que l'Asie s'arrache.
Par Karim Maloum
Publié le 14 mars 2026

Depuis le début de la crise, la Russie aurait en effet déjà perçu entre 1,3 et 1,9 milliard de dollars de recettes fiscales en plus.
La guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran a des conséquences dramatiques pour la région et le monde. Elle a déstabilisé les pays du Golfe et contraint des centaines de milliers de personnes au Moyen-Orient à fuir leurs foyers.
Le malheur des uns fait le bonheur des autres. La guerre en Iran et au Moyen-Orient entraîne une hausse des prix du pétrole et perturbe les échanges mondiaux. La Russie voit ses revenus pétroliers augmenter considérablement en raison de la demande croissante en Inde et en Chine.
Le Kremlin profite de l’augmentation des prix du pétrole pour exploiter la guerre au Moyen-Orient et consolider son avantage en Ukraine. La fermeture du détroit d’Ormuz a toujours été le scénario noir. Une augmentation encore plus intense que celle que le monde avait connue après le début de l’invasion russe en Ukraine.
Selon des calculs basés sur des données industrielles et des estimations d’analystes, les recettes supplémentaires pourraient même atteindre entre 3,3 à 4,9 milliards de dollars d’ici la fin mars. Cette estimation repose sur l’hypothèse d’un prix moyen du brut russe Urals compris entre 70 et 80 dollars le baril, contre environ 52 dollars en moyenne au cours des deux derniers mois.
Le 6 mars, la livraison de pétrole russe bloqué en mer vers l’Inde, dont les besoins en hydrocarbures sont considérables, a été autorisée par l’Administration américaine pour une durée d’un mois. Le marché mondial de l’énergie « ne peut rester stable » sans le pétrole russe, a exulté vendredi Kirill Dmitriev, l’envoyé spécial du Kremlin pour les questions économiques et négociateur patenté sur le dossier ukrainien. Une manière d’augmenter la pression sur les États-Unis pour obtenir la levée de plus de sanctions.
La Russie gagne cent cinquante millions de dollars chaque jour
Lundi 9 mars, le prix du baril de pétrole s’est envolé en seulement quelques heures, flambant de 30 % pour dépasser les 115 dollars, alors que les marchés paniquent en raison de la guerre en Iran et du blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole mondial.
Les pays du Golfe, eux, font grise mine et se démènent pour trouver de nouvelles routes pour acheminer leur brut. Sauf que les capacités limitées des routes alternatives par oléoducs terrestres et les stockages remplis au maximum, se font ressentir : ils « ont conduit les pays du Golfe à réduire leur production totale de pétrole d’au moins 10 millions de barils par jour », a expliqué l’Agence internationale de l’énergie.
D’après d’autres analystes, la Russie, qui est le deuxième exportateur mondial d’or noir, retrouverait même une certaine centralité, devenant un pôle incontournable de stabilité face aux défis du marché énergétique mondial.
La Russie gagne cent cinquante millions de dollars chaque jour grâce à la hausse du prix du pétrole. Ce n’est que le début de la plus grande crise énergétique de l’histoire moderne. Et tant mieux, s’enthousiasment plusieurs pays producteurs de pétrole et de gaz.
Vladimir Poutine n’a pas pour autant tiré son épingle du jeu. Certes, à court terme, le chef du Kremlin engrange des gains. Mais tout dépendra de la durée du conflit. Une fin rapide des frappes et le déblocage d’Ormuz diminueraient la manne pétrolière.
La question du gaz russe
Les Européens pourraient-ils supporter une nouvelle crise économique? Les États seront dans l’urgence de défendre le pouvoir d’achat et les entreprises. L’addition serait coûteuse, voire extrêmement coûteuse, pouvant aller jusqu’à plusieurs dizaines voire centaines de milliards d’euros.
L’UE est confrontée à des tensions à un moment délicat, car elle prévoit d’interrompre entièrement les importations d’hydrocarbures russes à l’automne 2027 pour priver la Russie des ressources financières nécessaires à sa guerre en Ukraine. En raison de la situation géopolitique actuelle, il est évident que ce débat fera surface.
« La question clé, c’est la durée du blocus » du détroit d’Ormuz, indique à l’AFP Laurent David, délégué général de l’association internationale des importateurs de GNL (GIIGNL), qui couvre 95% du marché d’importations de ce gaz. Les exportations de GNL du Qatar et des Émirats arabes unis, qui transitent presque toutes par le détroit d’Ormuz, représentent 20% du commerce mondial de GNL.
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