Grève du 5 novembre : près de 600.000 manifestants à 17 heures, Sébastien Lecornu annonce lundi «conférence sociale» avec les syndicats et le patronat

Près de 600.000 personnes ont défilé jeudi en France, Paris compris, lors de la journée de mobilisation pour les salaires et le pouvoir d’achat à l’appel de l’intersyndicale, selon un décompte provisoire de Beauvau à 17 heures. Le ministère de l'Intérieur a mis en place un dispositif conséquent et redoute des débordements. Le premier ministre a annoncé réunir les organisations de salariés et patronales lundi pour « apporter des réponses aux questions de pouvoir d’achat et de salaires. »

Par Hugo Coursier

Publié le 5 novembre 2026

Grève du 5 novembre : près de 600.000 manifestants à 17 heures, Sébastien Lecornu annonce  lundi  «conférence sociale» avec les syndicats et le patronat

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé la réunion, lundi prochain, à Matignon d'une «conférence sociale» avec les syndicats et le patronat.

Près de 600.000 personnes ont défilé en France, Paris compris, selon un décompte provisoire de Beauvau à 17h. Les syndicats n’ont pas encore communiqué leur chiffrage. Mercredi soir, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé mobiliser 70.000 policiers et gendarmes, promettant «une réponse d’une extrême fermeté» aux éventuels «débordements».

La CGT a revendiqué « près de 1,6 million de manifestants partout en France, dont 350 000 à Paris », à l’issue de la journée. Dans les deux cas, il s’agit de la plus forte mobilisation sur une seule journée cet automne.

Il s’agit du premier appel depuis la rentrée qui concerne le secteur public et privé. Le mouvement a vu se rallier les lycéens et étudiants, les gilets jaunes, qui ont relancé les protestations contre la vie chère depuis trois samedis, mais aussi des agriculteurs.

La grogne sociale, qui ne cesse de se manifester depuis la fin de l’été, est en plein essor en raison de l’envolée des prix des carburants.

L’appel à se mobiliser le 5 novembre a été lancé par une intersyndicale regroupant la CFDT, la CGT, FO, l’Unsa et la FSU dès le début du mois d’octobre, alors que la mobilisation lycéenne prenait de l’ampleur dans le pays. Tous les syndicats ont ensuite rejoint cet appel à la mobilisation.

Sébastien Lecornu annonce la réunion lundi à Matignon d’une «conférence sociale» 

Matignon annonce une conférence sociale ce lundi 9 novembre. Le Premier ministre réunira à Matignon les organisations représentatives des salariés et des employeurs pour « apporter des réponses aux questions de pouvoir d’achat et de salaires ».

Cette conférence vise à «apporter des réponses aux questions de pouvoir d’achat et de salaires», tandis que M. Lecornu a demandé au ministre du Travail Jean-Pierre Farandou «de finaliser d’ici dimanche les concertations qu’il mène depuis plusieurs jours» sur ces sujets, ajoute Matignon dans un communiqué. Le ministre de l’Action et des Comptes publics David Amiel «poursuit» par ailleurs «ses échanges avec les représentants des agents de la fonction publique».

Raphaël Glucksmann pris à partie à Paris

Le candidat social-démocrate à la présidentielle Raphaël Glucksmann a quitté jeudi après-midi la manifestation parisienne contre la vie chère, après avoir été bloqué durant 45 minutes à son point de départ, place de la République, entouré de militants hostiles, a constaté une journaliste de l’AFP.

Le candidat, qui peine depuis le début de la campagne à se rendre dans les manifestations où il dénonce un « harcèlement » de La France insoumise, avait auparavant été accueilli par des cris « non, Glucksmann n’est pas un camarade », « Mélenchon président », « tout le monde déteste le PS », mais aussi par des « Raphaël président » et quelques applaudissements.

«S’il y a des militants politiques qui sont hostiles à notre présence, je m’en fous, je m’en contrefous» : le candidat social-démocrate à la présidentielle Raphaël Glucksmann a balayé les sifflets et slogans hostiles à son arrivée jeudi dans la manifestation parisienne contre la vie chère.

Un élève de 15 ans poignardé au thorax devant un lycée bloqué à La Courneuve

Un adolescent de 15 ans a été blessé par arme blanche au thorax, ce jeudi 5 novembre vers 8h30, devant le lycée professionnel Denis Papin à La Courneuve (Seine-Saint-Denis). L’établissement faisait l’objet d’un blocus dans le cadre de la journée nationale de grève. La blessure est légère et le pronostic vital n’est pas engagé. La victime a été prise en charge par les secours.

Les policiers, déployés pour sécuriser le blocus, ont observé une rixe à une cinquantaine de mètres des grilles. C’est au cours de leur intervention qu’ils ont constaté les faits.

Lyon : 40 blessés, dont 34 forces de l’ordre, et 24 interpellations

Le préfet du Rhône, Étienne Guyot, « condamne les actions de violence, qui ont impacté directement le bon déroulement de la manifestation. » Il est rapporté que 40 personnes ont été blessées, dont 34 parmi les forces de l’ordre.
« Au cours de la journée, 24 interpellations ont été réalisées notamment pour des tirs de mortiers, jets de projectiles, outrage », indique la préfecture dans un communiqué.

La présence « d’individus regroupés en black bloc […] à la tête du cortège » a, selon les services de l’État, « empêché à de multiples reprises la tête de cortège syndical de progresser et de manifester en toute sécurité et sérénité. »

L’immense majorité des 30.500 personnes présentes (55.000 selon la CGT) ont défilé dans le calme pour faire valoir leurs revendications en faveur de la mobilisation lycéenne et des services publics.

H. C.

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