Boualem Sansal condamné : Le pouvoir algérien s’humilie

Cinq ans de prison. Cinq ans d’infamie. Le jeudi 27 mars 2025, le tribunal correctionnel de Dar El Beida a condamné Boualem Sansal, 80 ans, malade, à une peine qui sonne comme une vengeance. Un verdict ignoble après une audience expéditive, une mascarade judiciaire où le procureur, dans un zèle servile, avait osé réclamer dix ans.

Par Kamel Bencheikh

Publié le 27 mars 2025

Boualem Sansal condamné : Le pouvoir algérien s’humilie

Le pouvoir algérien a désormais une seule porte de sortie : le libérer.

Cinq ans pour quoi ? Pour des idées.
Cinq ans pour quoi ? Pour avoir écrit.
Cinq ans pour quoi ? Pour être libre.
À quoi assiste-t-on ? À un crime d’État.
Parce que oui, faire d’un immense écrivain un prisonnier politique, c’est une honte qui éclabousse le régime tout entier. Une tache indélébile sur son histoire.

Un pouvoir qui frappe l’intelligence

Les dictatures ont toujours les mêmes réflexes, elles cognent au hasard, dans le noir, espérant terrasser la pensée. Elles emprisonnent les écrivains, bâillonnent les artistes, traquent ceux qui osent dire ce que chacun sait tout bas.
Mais croient-ils vraiment qu’en enfermant Boualem Sansal, ils éteindront sa voix ? Qu’ils briseront sa pensée ? Qu’ils feront oublier ses mots, ses combats, ses livres, traduits partout, lus par des milliers de lecteurs ?
Qu’ils sachent ceci : ils viennent de le rendre immortel.
Aujourd’hui, la révolte gronde. L’indignation est partout. En France, en Europe, en Algérie même, où malgré la peur, des voix s’élèvent. Parce qu’il y a des limites à l’acceptable.
Boualem Sansal doit être libre. Maintenant.
Le pouvoir algérien a désormais une seule porte de sortie : le libérer.
Pas dans un an. Pas dans six mois. Pas après des négociations humiliantes où il faudra quémander une grâce présidentielle. Maintenant !

Les échéances sont là : la fin du Ramadan, la fête de l’Aïd, le 5 juillet, date de l’indépendance. Que choisiront-ils ? Le sursaut de dignité ou l’enlisement ?
Car si Boualem Sansal venait à mourir en prison, ce serait une catastrophe politique et morale pour le pouvoir algérien. Une honte qui poursuivrait ce régime jusqu’à sa chute.
Nous ne lâcherons rien. Pas un jour. Pas une nuit.
Chaque jour d’incarcération est un jour de trop. Chaque heure passée en prison est une insulte à l’intelligence, à la liberté, à la justice.
Le Comité de soutien international que je représente ici, les amis de Boualem, tous ceux qui croient encore en l’honneur et en la dignité d’un peuple, nous nous battrons jusqu’au bout.
Rendez-nous Boualem Sansal.
Avant qu’il ne soit trop tard.

K. B.

Envie de lire tous les articles ?

Débloquez immédiatement tous les articles. Sans engagement.

Abonnement

Débloquez immédiatement tous les articles.

Je m'abonne

Newsletter

Recevez chaque semaine les titres à la Une

Inscrivez-vous
Activer les notifications OK Non