11 septembre 2001 : après cette date plus rien ne sera jamais comme avant
Par Constance Le Grip
Publié le 11 septembre 2025

"Je n'échappai pas à cette onde de choc et de peur qui déferla sur le monde, notre monde"
Les attentats terroristes islamistes perpétrés le 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, à New York, à Washington et en Pennsylvanie, sont l’un des évènements fondateurs, peut-être le seul, de notre XXIème siècle.
Tout a déjà été dit sur le traumatisme profond que ces attentats terroristes provoquèrent chez des dizaines, peut-être des centaines, de millions de personnes : le choc, la sidération, la douleur, la détresse, la colère, l’angoisse, l’incompréhension, le découragement, la peur.
Alors maman de trois jeunes enfants, je n’échappai pas à cette onde de choc et de peur qui déferla sur le monde, notre monde. Et les images des deux tours du World Trade Center, s’effondrant l’une après l’autre, percutées par deux avions qui semblèrent devenus hors contrôle, appartiennent pour toujours à notre imaginaire collectif et resteront gravées à jamais dans ma mémoire. Comme celles des corps se jetant dans le vide du haut des gratte-ciels, celles des énormissimes nuages de cendre et de poussière recouvrant Manhattan, celles des pompiers de New York lourdement harnachés et luttant au-delà de l’épuisement, celles de la panique des foules new-yorkaises fuyant les brasiers et les effondrements, et puis celles de ces carcasses de poutres métalliques s’élevant comme de muettes suppliques désespérées vers le ciel.
Notre monde s’était effondré, l’Amérique avait été frappée en son cœur, et notre vulnérabilité face au djihadisme terroriste des islamistes se révélait brutalement et tragiquement à nos yeux à nous, Occidentaux, Américains, Européens.
Comment aussi trouver les mots appropriés pour dire à quel point la réalité dépassait la fiction, combien les films-catastrophes à gros budget et effets spectaculaires made in Hollywood étaient supplantés par les images tournées et diffusées en direct, comme un méga spectacle en Mondovision, sur les télévisions du monde entier, comment aussi la beauté terrifiante et abyssale de noirceur de certaines de ces images fascinait les téléspectateurs affolés, démunis, désarmés, captifs, que nous étions tous devenus ?
Terrorisme djihadiste, islamisme, Al-Quaida, Ben Laden, talibans, guerre en Afghanistan, ces mots, ces noms, apparurent et devinrent connus du grand public. Les Américains, les Européens, les Occidentaux, découvrirent, incrédules, effarés, l’ampleur et l’intensité de la haine qu’ils suscitaient.
En même temps que notre vulnérabilité et notre « innocence » nous apparurent au grand jour, se cristallisa l’idée que nous, Occidentaux, devions mener la guerre au terrorisme islamiste, une guerre à la vie à la mort. Une guerre de légitime défense, une « guerre juste ». Et nous basculâmes dans un autre monde. Sécurité publique, renseignement, législations anti-terroristes, voire lois d’exception. En 2025, nous en sommes toujours là.
C. L. G.
(*) Députée des Hauts-de-Seine
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