Combattre pour l’instruction publique sans détruire ni agresser 

"Instruire une nation c'est la civiliser. Y éteindre les connaissances, c'est la ramener à l'état primitif de barbarie." Denis Diderot. Les scènes de violence qui ont frappé des pompiers notamment, des édifices publics, nous permettent de savoir dans quel état nous sommes aujourd'hui. Nous sommes fondés à nous demander, face à un tel déferlement de violence sur les pompiers, les personnels de l'Education nationale, les passantes, non pas quel monde nous allons laisser à nos enfants, mais quels enfants nous allons laisser à notre monde.

Par Jean-Baptiste Chikhi-Budjeia

Publié le 8 octobre 2026

Combattre pour l’instruction publique sans détruire ni agresser 

Brûler un lycée à Nantes, un camion de pompier à Marseille, lancer des chaises sur des soldats du feu, ne sont pas des actes de manifestants en colère, mais des agissements barbares commis par des délinquants.

Les problématiques matérielles au sein de l’Education nationale sont une réalité honteuse : classes surchargées, ordinateurs vétustes, locaux qui ne le sont pas moins dans certains endroits. L’isolation est parfois catastrophique, avec des salles étouffantes en été ou une absence de chauffage qui rend les froids de l’hiver insupportables.

Il convient d’y ajouter nombre de problématiques que nous avons déjà, avec et après bien d’autres, traitées, et, mettons les pieds dans le plat, enseignants pas toujours au niveau, endoctrinement politique.

Sur la question du manque de moyens, il y a matière à nuancer : l’Education nationale absorbe le premier budget alloué à un ministère en France, soit 80 milliards d’euros par an, ce qui est bien supérieur à celui de la Défense (50 milliards) ou de l’Interieur (25 milliards). La problématique est donc plutôt celle de la gestion et de l’attribution de ces 80 milliards.

Il est tout à fait légitime de dénoncer, jusque par la manifestation, ces nombreux problèmes, multifactoriels. Mais des adultes responsables ne peuvent cautionner ni les revendications délirantes (« J’ai cours de 8h à 18h », « Je vois plus mes profs que mes parents », ce qui ne dispense pas de penser les réaménagements du temps scolaire), ni encore moins les actes de vandalisme et d’agressions commises par des hordes de sauvages.

Brûler un lycée à Nantes, un camion de pompier à Marseille, lancer des chaises sur des soldats du feu, ne sont pas des actes de manifestants en colère, mais des agissements barbares commis par des délinquants. Et quid de ces petites pourritures qui filment un pompier en proie aux flammes sans même essayer de lui porter secours, quand ils ne brûlent tout simplement pas le visage d’une femme à Marseille ou n’aspergent pas d’essence un proviseur à La Ciotat ? Et quiconque arrêtera de ne pas vouloir voir ce que tout le monde voit, en somme quiconque sera honnête ne pourra que reconnaître que ces actes de délinquance ou criminels ne sont pas marginaux.

Souvenons-nous des manifestations contre le CPE ; nous étions très en colère. Un ministre aristo nous avait expliqué que pour trouver facilement un emploi, il fallait que l’on puisse nous licencier plus facilement. Et souvenons-nous des syndicats détournant les cortèges quand des casseurs allaient détruire le bien public.

Si des policiers font un usage abusif de la force, ils doivent évidemment être sanctionnés durement. Mais avant de leur jeter la pierre, assurez-vous que les adolescents (et non les « enfants » comme se plaisent à le dire de plateau en plateau les révolutionnaires de salon, pardon, les élus de LFI par exemple qui fanatisent une jeunesse oisive et perdue) mollestés n’aient pas balancé des pierres justement, des chaises, des coups de poing ou de pied, ou des produits inflammables sur les forces de l’ordre, auquel cas l’usage de la force publique devient légitime et nécessaire.

Les vidéos qui nous parviennent (et nous ne parlons pas ici de celles des médias) ne montrent pas des « petits anges ». Alors avant de nous désoler du manque de professeurs (c’est une réalité terrible) et des difficultés de remplacement, prenons le temps de nous demander pourquoi. Pourquoi manquons-nous tant de professeurs ? Pourquoi autant d’enseignants démissionnent-ils dès leur(s) première(s) année(s) de titularisation ? Pourquoi des remplaçants ou des contractuels qui envisagent d’embrasser la carrière de professeur signifient-ils parfois à l’issue de leur première journée de cours qu’ils ne reviendront pas le lendemain ?

Après tout, tous concours de l’enseignement confondus, pour l’année 2022, 4000 postes étaient restés vacants ! Pour l’année 2025, 883 postes au CAPES sont restés vacants.

Mettons les pieds dans le plat et osons quelques familiarités : ne serait-ce pas à cause du comportement pourri de gamins qui ne le sont pas moins, et pas moins que leurs parents ? Ayons l’audace de vous bousculer et d’être encore familiers : parents, éduquez vos gosses ! 

J.-B. Ch.-B.

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