Léon XIV à Lourdes : messe, procession aux flambeaux, victimes d’abus…

Dernier temps fort de ce dimanche à Lourdes, la procession aux flambeaux au coeur du sanctuaire marial. Le souverain pontife a présidé une nouvelle messe devant 150.000 fidèles. Sans le dire explicitement, Léon XIV a envoyé un message pour la présidentielle l’année prochaine. Lors d’une prière à la grotte de Lourdes peu après son arrivée dans le sanctuaire marial, le pape a confié samedi soir la France à la protection de la Vierge Marie. Léon XIV a rencontré des victimes de violences sexuelles dans l’Église.

Par Marie Dolores Prost

Publié le 27 septembre 2026

Léon XIV à Lourdes : messe, procession aux flambeaux, victimes d’abus…

"On nous a vraiment écoutés" : à Lourdes, le pape Léon XIV a reçu sept victimes d'abus sexuels pendant près de deux heures.


Samedi 26 septembre, 19 h précises l’avion en provenance de Paris se pose à Tarbes-Lourdes, les cloches de la cité mariale sonnent à toute volée,sur  le pont rebaptisé « Pont Léon XIV », le pape inaugure une statue, signe le livre d’or, écoute des chants pyrénéens, puis il rejoint le sanctuaire en papamobile. La clameur cesse dès qu’il s’agenouille à la grotte de Massabielle. 

Il touche le rocher, boit l’eau de la source, dépose un cierge. Les trois gestes de Bernadette. Il confie la France à Notre-Dame et demande « le don de la concorde fraternelle » bannir la haine, permettre à chacun de travailler, de fonder une famille, de vivre jusqu’au bout dans la sérénité. Il dépose une rose d’or. 

Dimanche, 150 000 fidèles sur la prairie. Mille cinq cents prêtres, cent cinquante évêques. La messe s’ouvre par l’aspersion d’eau puisée à la source. Dans l’homélie, Léon XIV place les malades au centre : ici, dit-il, la fragilité n’est pas un obstacle. Lourdes est « un sanctuaire de l’espérance chrétienne ». Aux pèlerins  « Vous ne repartirez pas comme vous êtes arrivés. Vous repartirez missionnaires de l’espérance. » La Vierge, ajoute-t-il, « guérit nos regards et transfigure nos cœurs en leur donnant la paix ». 

L’après-midi, rencontre avec les malades et les hospitaliers à l’Accueil Notre-Dame. Le soir, à 21 h, procession aux flambeaux. Contrairement à Jean-Paul II et Benoît XVI, Léon XIV ne préside pas depuis une tribune. Il marche derrière la statue de la Vierge, cierge à la main, parmi les pèlerins. Des milliers de lumières, l’Ave Maria, le Gave en contrebas. « Je rends grâce, dit-il, de pouvoir moi aussi devenir pèlerin parmi les pèlerins. » 

Les victimes d’abus à Lourdes: «Le Pape nous a écoutés avec une grande attention»

Ils étaient quatre hommes et trois femmes, reçus peu après 17h30 à la Maison épiscopale de Lourdes (Hautes-Pyrénées). Tous ont été victimes d’abus commis par des membres du clergé ou de l’Église de France. Ils étaient accompagnés de Mgr Gérard Le Stang, évêque d’Amiens et président du Conseil pour la prévention et la lutte contre la pédophilie de la Conférence des évêques de France.

À leur sortie, près de deux heures plus tard, cinq d’entre eux ont partagé leurs sentiments et leurs réflexions après cette rencontre avec le pape. Tous se sont dits touchés par «l’empathie» du Souverain pontife et par sa connaissance approfondie de leurs histoires: «Il n’est pas naïf, il sait qu’il faut rester vigilant». «C’est encourageant d’entendre son engagement. Nous espérons un changement», ont-t-ils affirmé.

«Le Pape a rencontré chacun d’entre eux individuellement et en privé, à l’écoute de leurs histoires, de la douleur et des souffrances qu’ils ont vécues – parfois malheureusement avec la complicité ou le silence de ceux qui auraient pu les aider –, ainsi que de leurs propositions pour que cela ne se reproduise plus. Il a prié quelques instants avec certains d’entre eux», peut-on lire dans un communiqué diffusé dans la soirée.

Ce lundi matin, départ pour Metz. À Lourdes restent l’image d’un pape à genoux, une foule silencieuse, et cette demande de concorde fraternelle laissée au pied de la grotte.

Symbole des 3 gestes à Lourdes 

Le rocher. Toucher la paroi, c’est toucher le lieu même de l’apparition. Matière pauvre, réelle, sans décor. Le geste dit que la foi s’appuie, qu’elle ne plane pas. Une main de plus dans une file de millions.

L’eau. Boire et se laver, c’est obéir à Bernadette, « Allez boire à la fontaine et vous y laver. » On ne produit rien, on reçoit Purification, soif apaisée, grâce qui passe par le corps surtout celui qui souffre.

La lumière. Déposer un cierge, c’est entrer dans la procession demandée par Marie. Une flamme fragile, partagée. L’espérance n’écrase pas la nuit, elle y marche, avec les autres.

Trois gestes, une pédagogie, s’ancrer, recevoir, avancer ensemble. C’est ce que Léon XIV a fait en se mettant à la place du pèlerin

M. D. P.

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