Français ou Français musulman ?
Il est devenu une norme sociologique, admise, justifiée ou imposée, c'est selon, de se présenter ou de présenter une personne ou un groupe social, pas en tant que Français mais en tant que musulman. Mais depuis quand le référent religieux est une identité, une nationalité, une origine ?
Par Achour Boufetta
Publié le 26 août 2026

L'accoutrement islamiste, la victimisation malgré tous les droits et libertés dont jouissent les musulmans en France, déforment et enveniment gravement les termes de la problématique.
Ne suffit-il pas de se dire Français ou Français d’origine marocaine, algérienne, malienne, tunisienne, syrienne, camerounaise, pakistanaise, afghane sans le référent islamique si tant le souci n’était pas de se prévaloir de sa religion ? La religion ne serait-elle donc pas cette affaire personnelle qui ne devrait regarder ou concerner que soi-même ?
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S’installer en France, une installation choisie pour son confort social, où ni la culture, ni la langue, ni les traditions, ni la religion, ne peuvent être ignorées, requiert un minimum de bon sens : s’adapter, s’intégrer, se fondre.
Aucun étranger de quelque nationalité ou de quelque religion qu’il soit n’est venu en France comme invité ou sur contrainte française. Il s’agit d’un choix personnel ou familial, d’une décision personnelle ou familiale : vivre dans un pays des droits, des libertés, de l’égalité femme homme, de la laïcité, un pays où les toutes les religions se valent, un pays où le prosélytisme religieux est proscrit.
Bizarrement, cette France connue et réputée pour l’égalité entre l’homme et la femme, pour la liberté dont jouissent les femmes, se fait remettre en cause par celles et ceux auxquels elle a accordé gites et faveurs, c’est-à-dire ces mêmes femmes et ces mêmes hommes censés y trouver confort et sécurité.
L’accoutrement islamiste, la victimisation malgré tous les droits et libertés dont jouissent les musulmans en France, déforment et enveniment gravement les termes de la problématique.
Se présenter comme croyant plutôt qu’en tant que personne naturalisée ou résidente oriente dangereusement le débat pour le rendre complexe, pour lui imprimer une connotation raciste, victimaire après avoir été provocatrice, oriente le débat vers un terrain miné, un terrain de haine où le dialogue et la raison deviennent impossibles, invectives, rejet de l’autre, repli sur soi.
Plutot que de parler en tant que personne, française ou résidente, on se présente comme croyant en une religion victime de l’islamophobie, de racisme car musulmane.
Dans une république, ce que la conception islamiste refuse et combat, la référence religieuse ne peut pas avoir sa place : la foi est personnelle.
Lorsqu’elle se manifeste, lorsqu’elle tend à s’imposer, elle devient une agression, une atteinte aux lois de la république, une intrusion dans le champ de la liberté d’autrui.
Mais pourquoi la situation des chrétiens et des juifs vivant dans les pays où l’islam est religion de l’État n’est jamais dénoncée, surtout par ceux qui crient à l’islamophobie en France ?
En France, les musulmans disposent de mosquées, de boucheries hallal, de commerces ne vendant pas de l’alcool, de toilettes mortuaires dans les morgues, d’associations islamiques activant légalement et librement. Dans beaucoup de pays dits musulmans, les chrétiens ne disposent d’aucun lieu pour prier. Concernant les juifs, il ne faut même aborder le sujet.
Alors, cette tolérance revendiquée pour dénoncer une chimérique islamophobie ne devrait-elle pas avoir un autre qualificatif : attaque en règle contre la République et la laïcité ?
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