Un des fondateurs présumés de la DZ Mafia interpellé en Algérie
Mehdi Laribi, un chef présumé de la DZ Mafia, l'une des principales organisations criminelles marseillaises, a été interpellé fin juillet en Algérie dans le cadre de l'exécution d'un mandat d'arrêt français, ont indiqué des sources judiciaires mercredi. Il est régulièrement présenté comme étant l’un des chefs de l’organisation criminelle.
Publié le 5 août 2026

Mehdi Laribi est considéré comme l'un des fondateurs de l'organisation qui contrôle le trafic de drogue à Marseille
Un cadre présumé de l’organisation criminelle DZ Mafia, Mehdi Laribi, a été interpellé en Algérie fin juillet sur exécution d’un mandat d’arrêt français, ont indiqué des sources judiciaires mercredi 5 août. Le Franco-Algérien de 36 ans, originaire de Marseille, a été placé sous contrôle judiciaire.
L’information, révélée mercredi par franceinfo et confirmée par des sources judiciaires, s’inscrit dans le cadre de l’opération « Octopus » visant le cartel marseillais. Laribi, considéré par les enquêteurs comme l’un des cinq ou six membres fondateurs de l’organisation, avait quitté la France pour se réfugier en Algérie, où il bénéficie de la double nationalité. L’Algérie n’extrade pas ses ressortissants. Il était soupçonné de continuer à diriger une partie des activités depuis l’étranger.
Cette arrestation intervient trois mois après le voyage de Gérald Darmanin à Alger. Voyage de Darmanin : la DZ Mafia en ligne de mire. Pour lutter contre la DZ Mafia, on espérait obtenir de l’Algérie ce que le Maroc avait accordé cet hiver au garde des Sceaux : des saisies, des confiscations, et l’extradition de Félix Bingui, chef présumé du clan Yoda.
« Cela concerne un petit nombre de personnes mais elles sont extrêmement importantes dans la lutte que nous menons contre la criminalité organisée et pour assurer la sécurité de nos concitoyens, et notamment des Marseillais », rappelait-on alors dans l’entourage du ministre.
C’est dans ce contexte de reprise de la coopération judiciaire que les autorités algériennes ont exécuté le mandat d’arrêt international français. « Une cible prioritaire de la justice française dans la lutte contre la drogue et la criminalité organisée, a été interpellée en Algérie. Merci aux autorités algériennes pour cette avancée », a salué le ministre de la Justice Gérald Darmanin sur X.
Une cible prioritaire de la justice française dans la lutte contre la drogue et la criminalité organisée, a été interpellée en Algérie. Merci aux autorités algériennes pour cette avancée et cette coopération en lien avec le parquet national anti criminalité organisée (PNACO) et… https://t.co/JedPRY8EGk
— Gérald DARMANIN (@GDarmanin) August 5, 2026
En fuite depuis plusieurs années
Mehdi Laribi était visé par un mandat d’arrêt émis dans le cadre de la vaste enquête baptisée « Octopus » conduite par la juridiction inter-régionale spécialisée (Jirs) de Marseille.
Les investigations menées avaient conduit à un important coup de filet dans le sud de la France en mars, impliquant quelque 900 gendarmes qui avaient interpellé une quarantaine de personnes, dont 26 ont été mises en examen. Parmi elles, plusieurs chefs présumés de la DZ Mafia, dont Amine Oualane et Gabriel Ory, déjà détenus à l’époque et soupçonnés de piloter leurs activités criminelles depuis leurs lieux de détention.
Mehdi Laribi était lui en fuite depuis plusieurs années. L’Algérie n’extrade pas ses ressortissants, a rappelé une source judiciaire à l’AFP.
Dans un contexte diplomatique tendu entre la France et l’Algérie, Gérald Darmanin avait effectué en mai une visite à Alger souhaitant notamment évoquer la coopération entre les deux pays dans la lutte contre la DZ Mafia, nom en référence à « Djazair », l’Algérie.
« On a pu évoquer le travail que nous devons continuer à faire pour renouer la confiance entre deux pays qui se respectent, la France et l’Algérie », a déclaré, ce lundi 18 mai, le ministre français de la Justice Gérald Darmanin dans une allocution, devant la presse, après le «très long échange» qu’il a eu avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune.
« Nous avons, sans entrer dans les détails, échangé de très précieuses informations et demandé un certain nombre d’extraditions, comme l’Algérie d’ailleurs a demandé des extraditions à la France », a affirmé Gérald Darmanin, précisant avoir discuté avec le ministre de la Justice algérien Lotfi Boudjemaa de coopération judiciaire pénitentiaire, de lutte contre la criminalité organisée, de la DZ Mafia (cartel d’organisations criminelles originaire de Marseille) et de l’affaire des biens « mal acquis ».
« Nous partageons avec l’Algérie la difficulté de lutter contre les mafias […] qui font venir de la drogue et qui touchent particulièrement notre jeunesse, qu’il s’agisse de la cocaïne, du cannabis ou des psychotropes », a déploré Gérald Darmanin.
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