Incendie en Gironde : Au Porge, un village meurtri, des maisons et des vies en ruines, retour des sinistrés

Le Porge est l'un des villages les plus touchés par les incendies en Gironde. Les sinistrés ont été autorisés à réintégrer leur ville lundi après-midi. De leurs yeux, ils ont pu constater à quel point les destructions avaient été dévastatrices.

Par Marie Dolores Prost

Publié le 4 août 2026

Incendie en Gironde : Au Porge, un village meurtri, des maisons et des vies en ruines, retour des sinistrés

Avec 183 maisons brûlées sur 240, Le Porge a payé le plus lourd tribut dans le département.

Onze jours après le départ du mégabrasier de Saumos, les habitants du Porge ont été autorisés à regagner leur commune. Ils ont découvert un paysage calciné : environ 183 maisons réduites en cendres, des rues transformées en champs de débris et des jardins anéantis. La fumée s’est dissipée, la sidération demeure.

Avec 183 maisons brûlées sur 240, Le Porge a payé le plus lourd tribut dans le département.

« On va retrouver notre maison qui est entièrement brûlée. Je l’ai déjà vue mais pas ma compagne et le choc va être assez dur parce qu’entre les photos et la réalité, ce n’est pas la même chose », confie à l’AFP Yves Brugieregarde, retraité de 69 ans.

En début d’après-midi, à l’heure autorisée, les véhicules affluent. Le maire serre la main aux arrivants. « Si vous avez besoin de quoi que ce soit, passez au centre d’accueil à l’école, on a tout ce qu’il faut », assure Martial Zaninetti.

Beaucoup portent encore les marques de ces jours d’évacuation précipitée. Certains ont dormi dans leur voiture, d’autres ont vu leurs enfants traumatisés par les images. Derrière le soulagement de revenir, une colère sourde s’exprime. Pourquoi la sirène n’a-t-elle pas retenti à temps ? Pourquoi le sentiment d’avoir été « sacrifiés » pour protéger d’autres zones ? Plusieurs habitants n’hésitent plus à le dire : « Madame la préfète va avoir des comptes à rendre. »

La préfète de la Gironde, est directement visée par ces critiques

Sophie Brocas, préfète de la région Nouvelle-Aquitaine et de la Gironde, est directement visée par ces critiques. Les sinistrés attendent des explications sur les choix opérationnels qui ont conduit à la destruction d’une partie importante de leur village.

Pourtant, la colère n’efface pas la volonté de reconstruire. Dans les décombres, on entend la même détermination : replanter les forêts, rebâtir les maisons, reprendre possession de sa réalité quotidienne. Les habitants savent que le chemin sera long.

Ils réclament une mobilisation rapide des assurances, des permis de reconstruire délivrés sans lenteur et un accompagnement psychologique durable face aux cauchemars et au stress post-traumatique qui s’installent déjà.

Au Porge, ce retour marque le début d’une autre bataille : celle de la reconstruction. Les sinistrés ne veulent pas seulement des murs neufs. Ils veulent retrouver leur village et leur vie.

M. D. P.

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