Equipe de France : quatre des meilleurs Bleus auraient pu jouer pour l’Algérie

Quatre des meilleurs joueurs de l'équipe de France de football qui participent à la Coupe du Monde 2026 auraient pu faire partie de l'équipe nationale algérienne : Kylian Mbappé, Michael Olise, Rayan Cherki et Maghnes Akliouche.

Par le correspondant de Rupture à Alger Yacine Aït Ouffella

Publié le 26 juin 2026

Equipe de France : quatre des meilleurs Bleus auraient pu jouer pour l’Algérie

Kylian Mbappé, Michael Olise, Rayan Cherki possédaient l'éligibilité pour représenter l'Algérie.

Plusieurs joueurs appelés par Didier Deschamps, pour la Coupe du Monde 2026, possédaient l’éligibilité pour représenter l’Algérie mais ont fait le choix de porter les couleurs de l’équipe de France (les Bleus) au cours de leur carrière internationale. Il s’agit de Kylian Mbappé, Michael Olise, Rayan Cherki et Maghnes Akliouche.

Si le premier porte le brassard de capitaine et assume le statut de leader absolu, les trois autres symbolisent la nouvelle garde créative du football européen. Ensemble, ils illustrent la richesse des héritages multiples du football français, selon bon nombre d’observateurs.

Kylian Mbappé, le leader absolu

Le lien du joueur madrilène avec le continent africain est ancré dans son histoire familiale : une mère, Fayza Lamari, d’origine kabyle, et un père, Wilfried Mbappé, d’origine camerounaise.

Cet héritage pluriculturel n’a jamais altéré sa trajectoire sportive, construite de façon linéaire sous le maillot bleu depuis les sélections de jeunes. Pourtant, ses performances continuent de susciter une ferveur et un suivi particuliers bien au-delà des frontières de l’Hexagone.

Face au Sénégal, Kylian Mbappé a immédiatement rappelé pourquoi il restait le patron. Grâce à un doublé décisif, l’attaquant tricolore a définitivement dépassé Olivier Giroud pour s’installer seul au sommet des meilleurs buteurs de l’histoire de l’équipe de France. Avant même le coup d’envoi contre l’Irak, le capitaine donne le ton d’une compétition où il entend guider les siens vers un nouveau sacre mondial.

Olise, l’électron libre aux quatre horizons

Le parcours de Michael Olise qui a dû choisir entre la France, l’Algérie, le Nigeria et l’Angleterre, dénote dans le paysage fédéral traditionnel.

Né à Londres, d’un père nigérian et d’une mère franco-algérienne, formé en Angleterre et révélé sous les couleurs de Reading et Crystal Palace avant d’exploser au Bayern Munich, l’ailier disposait d’un éventail de choix unique. Il était éligible pour quatre sélections majeures. Son choix s’est finalement porté sur la France.

Son entrée en matière contre le Sénégal a validé les choix de Didier Deschamps. Sa vista, sa fluidité technique dans les petits espaces et sa passe décisive millimétrée pour Mbappé ont débloqué une attaque française en panne d’inspiration en première période.

Face au bloc bas et regroupé attendu de l’Irak, le profil d’Olise s’annonce comme une arme de destruction massive pour forcer les verrous tactiques.

Cherki, l’arme fatale couvée par Manchester City

De tous les binationaux du secteur offensif, Rayan Cherki est sans doute celui qui a le plus enflammé les débats binationaux. Formé à l’Olympique Lyonnais et évoluant désormais sous les ordres de Pep Guardiola à Manchester City, le meneur de jeu a longtemps été au centre d’une cour de récréation internationale entre la France, l’Italie (par son père) et l’Algérie (par sa mère, originaire de Biskra).

Capable de fulgurances uniques et doté d’un sens du dribble hors norme, Cherki s’impose comme le « facteur X » idéal dans un tournoi majeur où les rencontres se jouent souvent sur des détails ou des exploits individuels en fin de match.

Akliouche, la finesse technique venue de Monaco

Maghnes Akliouche représente cette génération de techniciens purs couvés par la Ligue 1. Né à Tremblay-en-France et poli au sein de l’académie de l’AS Monaco, le milieu offensif possède des attaches fortes en Alférie, du côté de la Kabilye, sa famille étant originaire de Raffour, dans la wilaya de Bouira. Durant de longs mois, son profil a alimenté les discussions et les espoirs de la fédération algérienne et des supporters des Fennecs.

Son installation chez les Bleus a mis fin aux spéculations administratives sans pour autant gommer son attachement à ses racines. Sur le terrain, Akliouche offre une capacité rare à se positionner entre les lignes, à combiner dans les zones denses et à fluidifier les transitions. Un profil hautement stratégique pour faire tourner le onze de départ face à l’Irak.

Un réservoir unique au monde

Pour l’Algérie, ce quatuor offensif laissera inévitablement des regrets, tant l’association de tels talents aurait pu augurer une ère dorée pour les Fennecs. Mais la réalité du football de haut niveau répond à des logiques de formation et de choix de carrière précoces.

Ces joueurs portent fièrement les couleurs de la France, non pas en opposition à leurs origines, mais dans le prolongement naturel de leur développement.

En plus de ces quatre stars internationales, d’autres joueurs avec du sang algérien, et le talent qui va avec, ont plus ou moins brillé sous le maillot bleu.

Abderrahmane Ibrir

Hadj Abderrahmane Ibrir est le premier gardien d’origine algérienne à avoir joué pour l’Équipe de France. Il a été sélectionné et titularisé 6 fois, entre octobre 1949 et novembre 1950. En 1959, il a rejoint l’équipe du FLN. Après l’indépendance de l’Algérie, il fera partie du premier staff technique de l’équipe d’Algérie, entre 1962 et 1963.

Ali Benouna

Ali Benouna est le premier joueur algérien à intégrer l’Équipe de France, dès 1936. Il fera deux sélections seulement mais elles sont largement suffisantes pour le faire rentrer dans l’histoire.

Cet ailier gauche de talent a été également le premier joueur d’origine maghrébine à jouer en D1 française, sous le maillot de FC Sète qu’il rejoint en 1932. En 1934, il remporta avec ce club le doublé : championnat et Coupe de France. Il fera ensuite un passage par le Stade rennais FC (1937-1938). Il finit sa carrière au MC Alger (1939-1945). 

Saïd Brahimi

Saïd Brahimi est le premier joueur d’origine algérienne à inscrire un but en Équipe de France, où il a été sélectionné deux fois en 1957. L’attaquant a marqué un but dès sa grande première avec les bleus, le 2 juin 1957, dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du monde 1958, face à l’Islande (8-0). En 1958, il a rejoint l’équipe du FLN.

En club, il a joué pour FC Sète (1954-1956), Toulouse FC (1956-1958), avec lequel il a remporté la Coupe de France en 1957, et Monaco (1958).

Farès Bousdira

Farès Bousdira est le premier joueur d’origine algérienne à jouer pour les Bleus après l’indépendance de l’Algérie. Il disputa son unique match en Équipe de France le 24 avril 1976.

En club, ce milieu de terrain offensif, parmi les meilleurs à son poste dans l’histoire du championnat de France, évolua notamment avec le FC Lens (1971-1978), l’OGC Nice (1978-1980) et le Stade rennais FC (1982-1985).

Camel Meriem

Camel Meriem, celui qui a été surnommé « nouveau Zidane » à son début de carrière, a marqué les esprits des amoureux du football technique et élégant. Mais le milieu de terrain, d’origine algérienne, n’a finalement que top peu brillé sous le maillot bleu, avec seulement trois matchs joués, entre 2004 et 2005, et aucune titularisation. La succession des blessures ne lui a laissé aucune chance de rebondir.

Nabil Fekir

Nabil Fekir est un autre joueur de talent, dont les parents sont originaires d’Algérie, qui a été empêché par les blessures de briller en Équipe de France et en club. Après une grande polémique en France et en Algérie sur son hésitation à choisir entre les deux sélections, l’attaquant a fini par honorer la convocation du sélectionneur français, Didier Deschamps, en mars 2015. Malgré un nombre de sélections et un temps de jeu très décevants, il est l’un des champions du monde 2018. En 25 sélections entre 2015 et 2020, dont 2 titularisations, il a marqué 2 buts au total. 

Samir Nasri  

Samir Nasri est l’enfant terrible de l’Équipe de France. Ce natif de Marseille, de parents franco-algériens, fait partie, avec son congénère Karim Benzema, de la génération dorée de l’équipe de France de moins de 17 ans qui a remporté le championnat d’Europe en 2004. Convoquée en Équipe de France en 2007, il a été souvent critiqué pour son manque de régularité et, surtout, pour son indiscipline sous le maillot bleu.

Talentueux milieu offensif, il n’a pourtant fait que 41 sélections, dont 26 titularisations, marquant 5 buts. Il a disputé avec les Coqs le championnat d’Europe 2008 et 2012, mais aucune Coupe du monde. Sa carrière internationale a pris fin dès 2013.

Karim Benzema

Karim Benzema est l’un des meilleurs, si ce n’est le meilleur attaquant français de tous les temps. Celui qui a offert le 5e ballon d’or à la France (2022), récompensant un parcours et une saison brillantissimes au Réal Madrid, n’a pas eu la carrière qu’il espérait en Équipe de France. Non sélectionné en 2010, il fait une bonne Coupe du monde sans plus au Brésil en 2014.

En 2018, il n’a pas été sélectionné à cause de ses ennuis judiciaires (affaire de la sextape de Mathieu Valbuena). Cette année encore, malgré un retour en grande pompe en Équipe de France en juin 2021, il n’a pas pu renouer avec le Mondial. Après deux blessures successives, il a déclaré forfait avec grande amertume. Sa consolation avec les Bleus, c’est d’avoir participé 3 fois à l’Euro (2008, 2012 et 2020) et de gagner la Ligue des nations (2021). 

Zinédine Zidane

Zinédine Yazid Zidane est le meilleur joueur français de tous les temps. Originaire de la petite Kabylie en Algérie, il a marqué l’histoire du football français et mondial en tant que milieu offensif de génie. Zizou est, par ailleurs, en train de construire sa légende d’entraîneur, ayant déjà remporté la Ligue des champions 3 fois consécutives avec le Réal Madrid (2016, 2017, 2018), un record absolu. Rapidement après avoir rejoint l’équipe de France en 1994, il est devenu le charismatique patron des Bleus sur le terrain jusqu’à 2006.

Zidane savait aussi être buteur décisif aux moments les plus opportuns, avec 31 buts en 108 sélections. Il a mené l’Équipe de France lors de trois Coupes du monde (1998, 2002 et 2006) et trois Championnats d’Europe (1996, 2000 et 2004). Sous sa houlette, les Bleus ont été sacrés champions lors du Mondial 1998 et l’Euro 2000. Il a, par ailleurs, offert à la France son 4e ballon d’or, en 1998.

Y. A. O.

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