Condamné en France pour des actes terroristes en Syrie, l’Algérie refuse le retour d’un criminel islamiste de Daech
Tewffik Bouallag, condamné en France pour avoir combattu pour Daech en Syrie entre 2013 et 2014, souhaite désormais quitter la France pour l’Algérie. Libéré en avril et placé au centre de rétention administrative (CRA) de Lesquin (Nord), il reste toutefois bloqué. L’Algérie ne veut pas de lui. Elle a dû payer un prix élevé pour lutter contre le terrorisme islamiste. Une expérience cruciale à méditer.
Par le correspondant de Rupture à Alger Yacine Aït Ouffella
Publié le 15 août 2026

Ce terroriste islamiste de Daesh reste bloqué en France, l'Algérie ne veut pas de lui.
Tewffik Bouallag, condamné en France pour avoir combattu en Syrie avec Daech en 2013 et 2014, voudrait partir en Algérie, dont il détient la nationalité. Mais l’Algérie ne veut pas de lui. L’homme est actuellement bloqué au centre de rétention administrative (CRA) de Lesquin (Nord). Lors de son arrestation en 2014, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Bernard Cazeneuve, le qualifiait de « dangereux et susceptible d’agir sur le sol français ».
Sa condamnation a révélé qu’il avait déclaré son souhait de faire respecter la charia par la force dans les territoires conquis, et son rejet total des valeurs et règles de la société française.
Libéré en avril 2026, il a immédiatement été placé dans un centre de rétention administrative à Lesquin, dans le Nord. Aujourd’hui, il affirme vouloir quitter définitivement la France et rejoindre l’Algérie.
Seulement, pour Alger, cette demande ne constitue pas pour autant une obligation automatique de réadmission. L’acceptation d’un retour dépend notamment de la reconnaissance de la nationalité, des documents de voyage disponibles et de la position des autorités consulaires algériennes.
« Or, l’ancien terroriste est né en France et disposait de la nationalité française », comme l’explique à Rupture, une magistrate en poste à Alger. Car, même si une personne dispose de la nationalité algérienne, elle ne pourra pas entrer au pays sans un document officiel type laissez-passer exceptionnel ou passeport.
L’Algérie ne veut pas de terroristes sur son territoire
Selon elle, certains présentent déjà cette affaire comme suite à la brouille diplomatique entre l’Algérie et la France. « Ce n’est absolument pas le cas. L’Algérie, fidèle à ses principes, ne veut pas de terroristes sur son territoire et fait tout pour empêcher leur retour et c’est légitime », a-t-elle soutenu.
D’ailleurs, selon les experts en sécurité, l’organisation Daech ne dispose pas de base territoriale ou d’ancrage fort en Algérie, en raison de la surveillance étroite et des opérations de l’armée.
Les services de sécurité algériens restent en effet, mobilisés contre d’éventuelles cellules dormantes ou des individus isolés, tout en maintenant une coopération judiciaire internationale ciblée pour extrader des suspects recherchés.
Né à Dreux, en 1983, il avait été condamné en France à treize ans de réclusion criminelle pour association de malfaiteurs terroriste criminelle après avoir rejoint la Syrie entre 2013 et 2014.
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