Toujours détenu en Algérie : l’interminable attente du journaliste otage Christophe Gleizes
Le sort du journaliste sportif français Christophe Gleizes, condamné il y a de cela 800 jours en Algérie pour « apologie du terrorisme », n’est toujours pas connu et tous les efforts de Paris pour le faire libérer, restent vains et sans suite favorable. Après l’épuisement de ses recours devant la justice, il espère obtenir une grâce présidentielle. Sauf que cette grâce tarde à venir. L’attente est interminable.
Par le correspondant de Rupture à Alger Yacine Aït Ouffella
Publié le 6 septembre 2026

Christophe Gleizes, journaliste pour Society et So Foot, est emprisonné en Algérie depuis juin 2025, où il purge une peine de sept ans de prison.
Le journaliste sportif français Christophe Gleizes, détenu en Algérie depuis un peu plus de 800 jours, est toujours dans l’attente d’un geste de la part du président algérien Abdelmadjid Tebboune.
Et en attendant qu’il puisse enfin retrouver les siens, Christophe Gleizes purge une peine de sept ans de prison au pénitencier de Koléa, à 35 km à l’ouest d’Alger, où il a été transféré en janvier dernier.
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Il reçoit régulièrement des visites notamment de la part Bruno Clerc, consul général de France en Algérie, qui tenait à le revoir une cinquième fois avant de quitter ses fonctions et de prendre sa retraite. Il y a quelques jours, il a également reçu la visite de sa compagne. Ses parents, par contre « sont en attente d’un nouveau visa pour s’envoler vers Alger », nous fait savoir le journal français, Le Point.
L’archevêque d’Alger, Jean-Paul Vesco, se rend lui aussi, au pénitencier de Koléa pour prendre des nouvelles du prisonnier.
Seul petit privilège que les autorités ont bien voulu accorder au journaliste et à ses hôtes : les visites ne se déroulent pas au parloir, comme pour le reste des détenus, mais dans un bureau du bâtiment administratif de la prison.
«Il a le moral, il est combatif et il espère encore et toujours un dénouement heureux pour rentrer enfin en France », assure une source diplomatique française au journal Le Point.
Collaborateur des magazines So Foot et Society, Christophe Gleizes, 37 ans, a été arrêté en mai 2024 en Kabylie, à Tizi-Ouzou où il se trouvait dans le cadre d’un reportage sur le club de football de la Jeunesse sportive de Kabylie. Il sera condamné, en juin 2025, à sept ans de prison pour «apologie du terrorisme», une peine confirmée en appel en décembre.
Il a retiré en mars dernier son pourvoi en cassation dans l’espoir d’ouvrir la voie à une grâce présidentielle. La justice algérienne a également rejeté en mai un recours déposé par le parquet, clôturant la procédure judiciaire. Cet épuisement des voies de recours judiciaires ouvre la voie à une éventuelle grâce présidentielle, que nul, ne sait quand est-ce qu’elle pourrait intervenir.
Un échange de prisonniers ?
Le scénario d’un échange de prisonniers entre l’Algérie et la France concernant le journaliste Christophe Gleizes a souvent été évoqué par l’entourage du journaliste, y compris par nombre d’analystes.
L’affaire Amir DZ et la libération de Smail Radjeb ont d’ailleurs été l’un des sujets de discussion abordés lors de la visite à Paris, en juin, de Saïd Sayoud, ministre algérien de l’Intérieur.
« Les interlocuteurs algériens nous ont fait clairement comprendre que l’incarcération de l’agent consulaire est un facteur aggravant de cette crise », rapporte Le Point citant des sources au fait de ces discussions. En langage diplomatique, on n’est pas loin de réclamer une sorte de troc : l’agent contre le journaliste.
« Les Algériens ne le formulent pas ainsi, mais il ne faut pas être grand clerc pour comprendre ce qui se cache et se joue derrière le sort de l’agent consulaire », explique la même source.
En juillet dernier, Éric Plouvier, qui défend les intérêts d’Amir DZ, faisait justement part de ses craintes de voir cet agent qui opérait sous couverture au consulat de Créteil servir de monnaie d’échange pour la libération de Christophe Gleizes.
Compte tenu de l’insistance, voire de l’exigence, des autorités algériennes à voir Smail Radjeb sortir de prison et blanchi de toute accusation, ainsi que de la fermeté du juge des libertés à le maintenir en détention, l’espoir de voir le président algérien user de son pouvoir de grâce en faveur de Gleizes est aussi mince qu’un fil d’araignée.
« Il n’y a plus rien qui s’oppose à la libération » du journaliste
« Il n’y a plus aucune justification, il n’y en a jamais eu, mais il n’y a plus rien qui s’oppose à sa libération », a déclaré vendredi 4 septembre sur France Inter, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot à propos du journaliste français Christophe Gleizes, détenu en Algérie depuis mai 2024. Jean-Noël Barrot rappelle que la France exige « sa libération immédiate et inconditionnelle ».
Les parents de Christophe Gleizes, détenu depuis plus d’un an en Algérie, espèrent « un peu d’humanité ».
Le ministre français des Affaires étrangères a indiqué que les autorités françaises avaient rendu visite au journaliste « la semaine dernière ». « Il va bien. Il est très solide en dépit de l’épreuve qu’il traverse », a-t-il déclaré. « Nous sommes en lien constant avec ses proches et sa famille, dont je veux saluer, là encore, la dignité dans cette épreuve », a poursuivi le ministre. « Je sais que nous parviendrons à obtenir sa libération », a assuré le chef de la diplomatie française.
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