Arrêtés en Algérie : Mehdi Laribi et Mohamed Djeha seront-ils extradés vers la France ?

Le ministre de la justice, Gérald Darmanin, s’est félicité, jeudi 6 août, de cette « coopération relancée au service de la sécurité de nos deux pays ». L'homme interpellé, Rachid Djeha, est considéré par les autorités comme l’un des parrains du réseau de narcotrafic de la Castellane à Marseille. Depuis plusieurs mois, Emmanuel Macron et son gouvernement ont pris l'initiative de faire des gestes envers l'Algérie. Il n'y aura pas d'extradition pour ces deux trafiquants de drogue et ils n'ont même pas été placés en détention, et l'Algérie exige la libération de Smaïl Radjeb, adjudant-chef des services algériens soupçonné d’avoir participé à l’enlèvement de l’opposant Amir DZ.

Par le correspondant de Rupture à Alger Yacine Aït Ouffella

Publié le 9 août 2026

Arrêtés en Algérie : Mehdi Laribi et Mohamed Djeha seront-ils extradés vers la France ?

Il n'y aura pas d'extradition pour ces deux trafiquants de drogue et ils n'ont même pas été placés en détention.

Après l’interpellation en juillet en Algérie de Mehdi Laribi, alias «Tic», l’un des fondateurs de la DZ Mafia, les autorités algériennes ont procédé à une autre arrestation, début août,  d’un trafiquant marseillais, Djamel Djeha.

Rachid Djeha a été interpellé en Algérie le 3 août puis placé sous contrôle judiciaire. Il est considéré comme l’un des parrains de la cité de la Castellane à Marseille, ainsi que le fut son grand frère Mohamed Djeha.

Ces interpellations interviennent quelques semaines après une visite de Gérald Darmanin à Alger, présentée comme le point d’orgue d’une reprise d’une coopération judiciaire entre les deux pays.

« Mehdi Laribi et Mohamed Djeha, sont en effet en détention provisoire dans deux établissements pénitenciers distincts », assure à Rupture, une magistrate en poste, à Alger.  A la question de savoir si les narcotrafiquants, toux deux membre de la  DZ Mafia, seront extradés vers la France, notre interlocutrice, estime qu’il « prématuré d’en parler ».

« Il est vrai que les autorités françaises, veulent Mehdi Laribi et Mohamed Djeha, soient jugés pour leurs faits en France, mais dans les faits,  l’on est loin, trop loin même de cette thèse sachant que les deux interpellés disposent tous les deux de passeports algériens, donc, citoyens algériens et  selon une convention signée entre la France et l’Algérie, aucun des deux pays n’extrade vers l’autre ses ressortissants », a-t-elle assuré. 

Il n’y aura pas d’extradition pour ces deux trafiquants de drogue et ils n’ont même pas été placés en détention

En effet. Selon la convention d’extradition signée entre la France et l’Algérie le 27 janvier 2019, aucun des deux États n’a l’obligation d’extrader ses propres ressortissants, une règle fréquente en droit pénal international. Cependant, lorsqu’une extradition de ressortissant n’est pas possible, la personne poursuivie peut faire l’objet de poursuites judiciaires dans son propre pays à la demande de l’autre État.

Concrètement, si  un individu recherché possède la nationalité du pays où il se trouve et ne peut être livré, le dossier peut être transmis aux autorités locales pour que les poursuites y soient exercées. Le narcotrafiquant peut ainsi,  être poursuivi en Algérie si les autorités françaises le demandent.

« Une décision politique, pourrait tout de même changer la donne » souligne encore notre interlocutrice. Selon elle, si les autorités françaises, « fassent un geste en extradant des individus recherchés par la justice algériennes, le président Tebboune, pourrait lui aussi, exercer ses prérogatives de « premier magistrat du pays » et ainsi, livrer Mehdi Laribi et Mohamed Djeha à la France. C’est « chose peu probable vu le nombre de demandes d’extraditions formulées par l’Algérie et sans suite côté français », admet notre interlocutrice.  

Depuis plusieurs mois, Emmanuel Macron et son gouvernement ont pris l’initiative de faire des gestes envers l’Algérie. Il n’y aura pas d’extradition pour ces deux trafiquants de drogue et ils n’ont même pas été placés en détention, et l’Algérie exige la libération de Smaïl Radjeb, adjudant-chef des services algériens soupçonné d’avoir participé à l’enlèvement de l’opposant Amir DZ.

Y. A. O.

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